Il n’est pas fréquent que les policiers envahissent la rue. Pourtant, ce mardi 18 novembre, à Lyon, ils étaient venus en masse, des quatre coins de France, pour manifester leur mécontentement.
Dans la police, il faut un certain courage pour descendre sur la voie publique : toute manifestation est mal perçue tant par la hiérarchie que par le gouvernement. Par le passé, il est même arrivé que des sanctions s’abattent sur les manifestants les plus actifs – ou les organisateurs.
Alors, que veulent-ils ces policiers ? En fait, c’est simple, ils ont des revendications qui rejoignent celles de bon nombre d’autres professions : perte de pouvoir d’achat, dégradation des conditions de travail, etc.
Si j’ai bien compris, lors du mini-Grenelle de la police qui s’est tenu fin octobre, la ministre de l’intérieur a joué la division en « bricolant » un accord avec un syndicat, contre l’avis des deux autres.
Les deux autres ce sont l’UNSA-Police et la SGP-FO, qui représentent près de 60 % des effectifs.
En résumé, cet accord prévoit la suppression de 5 jours de RTT et une modification de la prise en compte des heures supplémentaires. En échange, les policiers obtiennent une prime de 15 € par mois dès l’année prochaine, qui passera à 30 € en 2010. En plus on leur octroie une revalorisation de 2 % de leur prime de risques.
Le compte n’y est pas, disent les syndicats. Tandis qu’au ministère on parle d’une enveloppe de 200 millions d’euros, notamment pour indemniser les policiers qui opèrent dans certaines zones difficiles.
Après tout, les syndicats sont dans leur rôle en défendant les intérêts de leurs adhérents, mais ils ont une autre revendication, plus politique, qui elle nous concerne tous : la suppression de 10.000 postes à l’horizon
2012.
Dans un long discours, Nicolas Comte, le secrétaire général de SGP-FO, a déclaré : « […] Nous sommes dans une situation totalement surréaliste : C’est au moment même où le monde et la France vont connaître la plus grave dépression (…) que les idéologues décident de réduire les effectifs policiers ! Quelle erreur ! (…) La dépression va engendrer une tension sécuritaire : c’est hélas, inéluctable. Mais pour les idéologues, le service public de sécurité, comme tous les autres services publics d’ailleurs, doit être réduit, limité, privatisé, vidé de sa substance… bref, détruit ! »
Les deux syndicats ont décidé de lancer un référendum pour demander aux policiers s’ils sont d’accord avec leur analyse. Dans l’affirmative, ils envisagent une manifestation d’ampleur nationale au début de l’année 2009.
Alors, faut-il craindre une période d’insécurité liée à la crise économique ? C’est peut-être envisager le pire. Quant à la suppression de 10.000 policiers… On pourrait faire un sondage : Etes-vous pour ou contre ?
En posant la question, j’appréhende les réponses…



Dans le film American vertigo, tiré des reportages de BHL sur les États-Unis, quelqu’un (je crois que c’est Norman Mailer) dit à peu près ceci : « J’imagine une prison avec un mur, très haut, pratiquement impossible à franchir, mais on dit aux prisonniers, si vous y parvenez, vous êtes libres… Ainsi on leur donne de l’espoir. » Certains appellent cette « rétention de sûreté », cet enfermement après la peine, la peine infinie. Donc sans espoir. Mais ce combat que livrent les magistrats contre cette loi est-il un combat politique ou un combat pour la défense de nos libertés ? Car si l’on parle de nos libertés, on n’a pas entendu le moindre murmure de réprobation concernant cette plate-forme automatisée d’écoutes (téléphone, portable, Internet…) installée par le ministère de la justice.