POLICEtcetera

LE BLOG DE GEORGES MORÉAS

Page 71 of 84

Point final dans l'affaire Agnelet ?

La chambre criminelle de la Cour de cassation doit rendre son verdict dans l’affaire c/ Agnelet. Quelle que soit sa décision, dans cette histoire invraisemblable et vieille maintenant de plus de 30 ans, à coup sûr la justice en sortira flétrie. 

procureur_crimes_mysteresfree.1223916294.jpg

On refait l’historique :

– Agnès Le Roux, cohéritière du casino Le Palais de la Méditerranée, à Nice, disparaît entre le 26 octobre et le 2 novembre 1977.

– Cinq mois s’écoulent avant que le procureur de la république n’ouvre une information judiciaire pour séquestration arbitraire.

– Il faut attendre deux ans avant que la justice estime qu’il y a homicide volontaire.

– Six ans ou presque après les faits, au mois d’août 1983, Maurice Agnelet est inculpé.

– Deux ans plus tard, il bénéficie d’un non-lieu, confirmé l’année suivante devant la Cour d’appel d’Aix-en-Provence. (En droit, sauf charges nouvelles, ce non-lieu interdit de nouvelles poursuites.)

– Affaire réglée ? Non ! Vingt-deux ans après la disparition de mademoiselle Le Roux, et plus de dix ans après le non-lieu (délai de prescription en matière criminelle), la même Cour d’appel, ordonne la réouverture de l’information judiciaire contre Maurice Agnelet. Nous sommes à la fin de l’an 2000.

– Au bout de six ans, en 2006, la Cour d’assises des Alpes-Maritimes acquitte Maurice Agnelet. Le procureur fait appel.

– Le 11 octobre 2007, rejugé devant la Cour d’assises des Bouches-du-Rhône, Agnelet est condamné à 20 ans de réclusion criminelle.

En se situant uniquement sur le plan technique, il me semble que l’affaire pose trois questions de fond :

– Le délai légal de prescription peut-il être interrompu par des arguties juridiques ?

– La loi sur les libertés individuelles a été prise en 2000 pour donner la possibilité aux accusés de faire appel d’une condamnation devant la Cour d’assises. En y ajoutant 2 ans plus tard, le même droit pour l’accusation, n’a-t-on pas transformé radicalement l’esprit de la loi ?

– N’y a-t-il pas acharnement judiciaire ?

Les avocats de Maurice Agnelet dans un mémoire de plus de 50 pages (cliquez ici) estiment pour leur part que par sept fois « la cassation est acquise ». 

agnelet_daylife.jpgEn conclusion, grosso modo, ils demandent à la Cour de déclarer l’appel du parquet  illégal, de casser le jugement rendu et de ne pas renvoyer l’affaire devant une nouvelle Cour d’assises.

Le parquet général a un avis contraire, mais si les avocats obtiennent gain de cause sur ces 3 points, Maurice Agnelet sera libéré séance tenante. Et 31 ans plus tard on ne saura jamais ce qu’il est advenu d’Agnès Le Roux. Car à ce jour, personne n’a pu démontrer qu’elle avait été assassinée.

le-juge et le marteau.gif

Ils doivent s’arracher les cheveux à la Cour de cass’ ! D’autant qu’un rejet du recours, sauf erreur de ma part (y a-t-il un juriste dans la salle ?) pourrait voir le dossier porté devant la Cour Européenne des droits de l’Homme.

A moins que ces hauts magistrats ne ménagent la chèvre et le chou et renvoient l’affaire devant une troisième Cour d’assises…

—

A voir : « Affaires criminelles », le samedi 18 octobre 2008, à 22h25, sur NT1. Docu réalisé par Frédéric Gilbert et présenté par Yves Rénier.

Coup de grâce dans l'affaire Mesrine

Un film, des émissions télé… la mort du gangster des années 70 pose toujours question. Le dispositif mis en place par la brigade antigang de Paris était-il destiné à l’arrêter ou à l’éliminer ? Y a-t-il eu des sommations avant le tir ? Coup de grâce ?

bouvier.1223802369.jpgQuelques jours avant le 2 novembre 1979, lors d’un BDL (bureau de liaison) auquel je participais, les instructions étaient sans ambigüités. Ni le procureur ni le directeur PJ, Maurice Bouvier, n’ont dit « Il faut l’abattre », mais ils le pensaient tellement fort qu’on l’a entendu de l’Élysée au quai des Orfèvres.

De là à envisager qu’on ait chargé spécialement un ou plusieurs hommes de l’achever, de lui donner le coup de grâce, il y a un pas que personne ne doit franchir. Même si, après le tir des trois policiers dissimulés dans le camion bâché, un quatrième a fait feu sur Mesrine. C’était un poil trop tard. Il était déjà mort.

Durant ces années à lutter contre le grand banditisme, j’ai constaté à plusieurs reprises que lors d’opérations dangereuses, la montée d’adrénaline est telle qu’il est parfois difficile de s’arrêter. Un peu comme si l’on était emporté par son élan… J’ai même vu un flic passer les menottes à un cadavre.

Le comportement humain est parfois… déroutant.

Cependant, à la suite d’un texte publié sur ce blog, il y a juste deux ans, un lecteur a tout récemment laissé un commentaire qui m’a laissé dubitatif. En voici des extraits (on peut le retrouver en entier en cliquant ici) :broussard.1223802643.jpg

 « À l’époque j’étais gardien de la paix et je suis intervenu en renfort, après la mort de Mesrine, pour juguler la foule…

 «  […] Autour de Mesrine des gens (qui) s’étreignent en s’embrassant comme du bon pain, j’ai compris ce jour-là que (je) ne ferais pas carrière dans la police et (j’ai) remis ma démission 5 ans après. Ayant toujours cette vision grotesque et indécente qui me ne me quittait pas, moi qui avais vu pourtant des scènes de meurtres et des assassinats : le cadavre exposé sur le macadam et les flashs des photographes…

 mesrine-4.1223802606.jpg« […] Oui, il a bien reçu une balle dans la tempe, pour le finir, de la part d’un policier en Mobylette habillé en coursier – mais inutile car on peut dire qu’après les 20 balles haute vélocité des tireurs d’élites du camion, Mesrine était déjà mort. Tout le monde avait peur de Mesrine, même dans la police il impressionnait sur la façon dont il arrivait toujours à s’en sortir. On parlait même entre nous qu’il avait surement des complicités dans la police. »

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais ces propos ont un réel accent de vérité… J’ai cherché à joindre son auteur, mais il ne m’a pas répondu.

Personnellement, je n’étais pas Porte de Clignancourt, mais je suivais le dispositif à la radio. Je savais que le flic en planque au plus près du domicile de Mesrine était recroquevillé dans un triporteur – mais c’est la première fois que j’entends parler d’un policier monté sur une Mobylette…

Il y a quelques jours, M6 a consacré une émission à l’ennemi public n°1. Au début, Vincent Cassel fait la promo de son film. « J’ai mis 7 ans à me décider… », dit-il. À l’écouter, on a un peu l’impression qu’il hésite encore… Dans le documentaire qui suit, très bien fait au demeurant, entre chaque séquence d’archives, on voit apparaître alternativement la bobinette de Broussard, Aimé-Blanc, Devos, Querry… À l’exception du dernier nommé qui fait montre de réserves, les autres ont l’air d’anciens combattants qui racontent leurs exploits en parlant d’un vieux copain mort au front… Tout juste s’ils n’ont pas la charles-pellegrini_france5.1223802956.jpglarme à l’œil. La question cruciale arrive en fin de film, avant le débat (que je n’ai pas suivi, il était tard) : Y a-t-il eu des sommations avant d’ouvrir le feu ? Broussard l’affirme énergiquement, Aimé-Blanc tergiverse, etc. (Entre nous, tous les deux étaient assez éloignés de la BMW) Et c’est alors que se pointe Charles Pellegrini. À l’époque, il était l’adjoint d’Aimé-Blanc, et à ce titre il avait la charge des opérations de terrain. Et, tandis que les autres venaient de nous dire tout le contraire, avec son visage poupin et ses yeux malicieux, tranquillement, Pellegrini nous dit : « Mais non, évidemment, qu’il n’y a pas eu de sommations… »

Charles, tu leur as donné le coup de grâce.

______

P.S. L’usage des sommations avant le tir est réservé aux gendarmes et aux douaniers pour stopper un individu qui s’enfuit, ou pour immobiliser un véhicule. Les policiers ne peuvent faire usage de leur arme dans ces cas-là, mais uniquement en état de légitime défense. Donc ici, la question fondamentale n’est pas de savoir s’il y a eu sommations ou pas, mais de déterminer si les policiers étaient en situation de légitime défense. Après différents recours menés par la famille, la justice a répondu oui.

EDVIGE pas mort

Le décret instituant la mise en place du fichier EDVIGE n’a pas été annulé. Pire, le nouveau décret qui prévoit la création d’EDVIGE II (ou plus exactement EDVIRSP) n’envisage pas l’abrogation du premier. En l’état, le décret d’origine est donc applicable – et appliqué.

Voyeurisme_blogmonlegionnaire.jpgC’est du moins l’avis de Corinne Lepage, la présidente du mouvement écologique Cap 21. Elle a déposé il y a quelques jours, un recours devant le Conseil d’État. Grosso modo, elle affirme que le Gouvernement utilise le laps de temps nécessaire pour la validation du nouveau décret pour mettre l’ancien en pratique.

Pour elle, il y a donc urgence à suspendre ce texte litigieux dont l’application permet de ficher des gens qui dans quelques semaines ne seront plus « fichables ».

En effet EDVIGE II rectifie le tir. Ainsi les personnalités, notamment politiques, ne seront plus mentionnées, ni les citoyens lambdas, sauf à troubler l’ordre public – alors qu’auparavant il suffisait d’une simple menace à l’ordre public.

Dans son recours, Madame Lepage ajoute même que si le Gouvernement s’opposait à la demande de suspension, ce serait avec l’arrière-pensée de  « créer un fichier dont l’objectif avoué serait de rester totalement secret… »

Alors, tandis que l’on palabre, EDVIGE est-il opérationnel ? La réponse est probablement oui, car les structures sont en place et un fichier de police, tout comme la nature, a horreur du vide.

Mais si EDVIGE est un fichier neuf, un fichier qui part de zéro, il n’y a pas le feu au lac. En revanche, s’il est alimenté par d’autres fichiers, RG et tutti quanti, il sera rempli avant d’être remplacé par son petit frère.

Et c’est là où le bât blesse, car dans la police on ne détruit pas des archives. Au mieux on les met en sommeil.

Je me souviens de ce vieux flic un peu alcoolo, auquel son patron avait demandé de classer des documents… « Bien chef ! » qu’il avait dit. Et un à un, il avait glissé les précieux feuillets dans des bouteilles (vides,le suicidaire_blog-danielriot.jpg évidemment) avant d’y mettre le feu.

Puis il avait soigneusement aligné les bouteilles remplies de cendres, une étiquette de scellé accrochée au goulot, sur laquelle étaient inscrites toutes les références des dossiers.

Un autre temps où dans les services de police on buvait, on clopait et l’on tapait le carton – et où on ne mettait pas les archives en sommeil, mais… en bouteilles.

Taser pour dames

Aux États-Unis, il est couleur peau de léopard et il fait MP3. Chez nous, il est rose, mais il ne joue pas de musique. Non mesdames, ce n’est pas le dernier sextoy à la mode, mais le petit frère du Taser.

On l’appelle le Stoper C2. Il est deux fois moins puissant que son grand frère, et il a une portée de 4 mètres.le-stoper-c2.1223536953.jpg

Pour l’heure, cette arme d’auto-défense est « probablement » classée en 6° catégorie (si quelqu’un en sait plus…). Elle est donc en vente libre. L’importateur, SMP Technologies, la propose pour moins de 500 €, et à ce prix-là, nous dit-il, il assure la formation de ses clientes…

Parmi celles-ci, on ne doit pas compter Martine Aubry. D’autant qu’elle vient d’être victime d’un tir – non létal – du fameux pistolet électrique. Elle a déclaré que cette arme avait fait 290 victimes en Amérique du Nord… Aussi sec, l’importateur pour la France a envoyé sans sommation une sommation par voie d’huissier à ladite dame. Interrogée par un journaliste de La voix du Nord, elle a répondu : « Je n’ai pas l’habitude de dire des choses dont je ne suis pas sûre. » Pour appuyer ses dires, elle a fait référence à un rapport d’Amnesty International ainsi qu’a un rapport de l’ONU qui classe ce bidule électrique parmi les instruments de tortures.

La question de fond est la suivante : le Taser, présenté comme une arme non létale, peut-il entraîner la mort ?

Indubitablement, la réponse est oui. La démonstration la plus frappante est le décès – quasi instantané – d’un immigrant polonais, à l’aéroport de Vancouver, au Canada. Sur les images prises par un témoin, on voit un homme très agité, visiblement « désorienté », mais tout aussi visiblement non menaçant. Les policiers s’approchent et ils le tasérisent, alors qu’à l’évidence il aurait pu être maîtrisé d’une manière plus… conventionnelle.

Mais pour être objectif, le Taser peut se révéler efficace pour neutraliser un individu dangereux avec un minimum de risques pour lui et pour les intervenants. Ainsi, le 3 octobre 2008, un homme retranché dans son appartement, en état de démence, menace d’attenter à ses jours à l’aide d’un couteau de boucher. Situation rouge. On parlemente. Mais l’homme ne se calme pas. C’est alors qu’un policier parvient à s’approcher suffisamment près pour utiliser son Taser. Résultat : aucune victime.

les-2-sondes-du-taser.1223537223.jpgLorsque j’ai parlé sur ce blog de l’arme individuelle des policiers, le Sig Sauer, l’un d’eux a laissé un commentaire : « Ce n’est pas l’arme qui est dangereuse mais celui qui la tient… »

La police et la gendarmerie sont équipées du pistolet électrique depuis 2004. Il y en aurait environ 4.000 en dotation, mais on ignore combien de fois il a été utilisé. Il y a eu plusieurs accidents. A ma connaissance – aucun mortel. Le dernier au mois d’août 2008. Lors d’un contrôle d’identité, à Vernon, dans l’Eure, un policier a tiré sur un homme de 26 ans. Les fléchettes se sont plantées dans son crâne. L’enquête est en cours, comme on dit.operation-tranquillite_prefecture_hautrhin.1223537383.png

Depuis peu, le Taser fait partie de la panoplie de la police municipale. À la diligence du maire. Jusqu’à ce jour, ils ne sont pas chauds, nos élus. Et je crois qu’ils ont raison, car une utilisation malencontreuse pourrait bien en faire un boomerang électoral.

En France, les autorités ont classé cette arme – non dangereuse – en 4° catégorie, au même rang qu’un revolver 357 magnum, ce qui est curieux. Et ce qui interdit son achat par un particulier.

Heureusement qu’il nous reste le pistolet de ces dames.

Les 30 ans de l'antigang de Nice

La guerre des casinos, l’appétit de la mafia italienne et une série de règlements de comptes entre truands… autant d’événements qui faisaient désordre dans la capitale azuréenne, à la fin des années 70.

bri-nice.1223382594.jpgOn dit qu’un jour, le Président de l’époque, un certain Giscard d’Estaing, a tapé du poing sur la table : « Keskevoukontéfer? » a-t-il demandé au ministre de l’Intérieur, un certain Christian Bonnet. Le Bonnet s’est gratouillé la tête (sous son chapeau) pour faire jaillir une idée. Puis finalement, il s’est retourné vers le directeur central de la police judiciaire, un certain Maurice Bouvier : « Keskevousalléfer ? », lui a-t-il demandé. Bouvier n’avait pas plus d’idée sur la question que son ministre. Mais c’était un vieux routier de l’administration. Au débotté, il a répondu n’importe quoi. Du genre : Faut créer une BRI à Nice.

C’est souvent comme ça que s’écrit l’Histoire. Ou pour le moins la petite histoire de la PJ.

C’est ainsi qu’il y a 30 ans, Bouvier m’a chargé de mettre sur pied la brigade antigang *. Et qu’une petite trentaine de policiers se sont retrouvés assis par terre, en cercle, dans la salle vide d’un bâtiment délabré abandonné par l’Armée de Terre, dans le quartier Saint-Roch, à Nice. Car on avait désigné les gens, mais rien n’était prévu pour les accueillir. Il a fallu se battre pour le moindre crayon. Mais le jeu en valait la chandelle, car non seulement on peut dire qu’on a obtenu des résultats, mais en plus… on s’est bien amusés.

C’est ce que me rappelait la dizaine de vétérans qui avaient fait le déplacement, il y a quelques jours, jusqu’à ce restaurant de Carros, dans l’arrière-pays niçois. Là où était organisé ce repas d’anniversaire.

Les souvenirs fusaient…

Tu te souviens Lorsqu’on a serré X. On peut dire qu’il nous avait fait ch… Surtout qu’avec sa Ferrari, on n’arrivait pas le filocher. C’est C. qu’a ramené sa caisse à la brigade. On se demandait pourquoi il n’avançait pas… 70 avec uanniversaire_forumdoctissimo.1223367129.jpgne Ferrari, c’est pas la peine. À l’arrivée, le moteur était nase et innocemment il nous dit : « Je roulais en première… J’ai pas réussi à trouver la seconde… »

Et la fois où le Chinois a coincé le soum (sous-marin : fourgon de planque) dans le souterrain… Et la fois où l’on attendait un braqueur pour le serrer à la descente d’avion et qu’on s’est gouré de bonhomme. C’était un haut fonctionnaire. Il a fallu s’excuser, mais, beau mec, il n’a pas porté plainte – malgré ses ecchymoses.

Au dessert, c’était plus nostalgique. Les pépins, les bavures, les drames… On a eu une pensée pour ceux qui n’étaient plus là. Non sans émotion, Chico nous a rappelé comment le terroriste Carlos a froidement abattu ses copains de la DST. Le lascar est sorti de la salle de bain, tout nu, juste une serviette à la main. Et une arme. Une balle dans la tète pour chacun, et le coup de grâce, au sol. Un projectile a même traversé le plancher pour aller transpercer le journal que lisait un pépé, à l’étage en-dessous. Aucun de ses collègues de la DST n’était armé. Ils venaient juste pour notifier un arrêté d’expulsion.

Il y avait peut-être deux cents personnes à ce repas d’anniversaire. Avec des policiers de Nice, bien sûr, mais aussi de Marseille, Montpellier, Bordeaux… Autant de villes où à présent il existe une brigade antigang.

Et à les voir ainsi festoyer, je me disais que s’il y a une chose que les flics savent bien faire, c’est la bamboula.

bri.1223367240.jpegAvant le repas, malicieusement, mon complice de l’époque, le commissaire Pierre Guiziou, m’avait poussé à prendre la parole. Ils étaient là, tous ces flics, debout devant moi, en demi-cercle, à s’interroger : Qui c’est ce vieux con qui s’agrippe au micro ?

Et je vais vous faire une confidence… Alors, j’ai compris quelque chose : Dans la police les moyens ont changé, les techniques ont changé, les grades ont changé, mais les hommes, ce sont les mêmes. Les mêmes qu’il y a 30 ans.

Et je voulais leur dire combien j’aurais souhaité me retrouver à leurs côtés. Au lieu de ça, j’ai bafouillé quelques banalités. J’avais trop peur de craquer.

Un flic, la larme à l’œil, cela n’aurait pas fait pas sérieux.

___

* Voir sur ce blog dans  » La PJ sous Giscard (3)  » :  […] C’est ainsi que s’est tenue la première réunion de la brigade antigang de Nice. Alors que nous discutions, j’observais ces hommes (et cette femme) qui allaient constituer cette brigade de choc… Cliquer pour lire la suite.

Rouillan dérouille

Le mot « liberté » est prononcé pour la première fois après 21 ans de régime de haute sécurité. […] Il a suffi d’un seul mot, un mot magique, et la prison s’éloigne déjà et me laisse à quai. Sans but, je traîne près des cabines. Sur la coursive, un maton affiche la nouvelle note de service signée par la directrice intérimaire : « Je rappelle à l’ensemble de la population pénale que l’utilisation des cordes à sauter à des finsjean-marc-rouillan-action-directe-conference-de-presse_lci.jpg sportives ou ludiques n’est autorisée que sur le gymnase de l’établissement, sous le contrôle du surveillant moniteur de sport. En conséquence toute utilisation de corde à sauter en bâtiment ou sur les cours de promenade est formellement interdite… »

Je souris…

C’est Jean-Marc Rouillan qui parle, dans un texte publié le 22 octobre 2007 sur le blog qui soutient Action directe.

Je n’ai aucune admiration pour le personnage. Je n’oublie pas qu’il s’agit d’un assassin et non d’un combattant, comme certains voudraient nous le faire croire. Lorsqu’il a tué, il n’a laissé aucune chance à ses victimes. Pas une n’a eu la possibilité de se défendre. Elles ont été les otages d’une cause dont elles se fichaient, comme à une autre époque pour servir une autre cause on alignait des innocents devant un mur.

Cependant, dans un État de droit, il n’y a pas de restriction au droit. Et à ce titre, Rouillan a bénéficié il y a un an d’un régime de semi-liberté, avec au bout, une belle carotte : la liberté conditionnelle.

shadok_complique_castaliecom.jpgMais la prison doit rendre candide. Car lorsque Christophe Barbier, que l’on sait très proche de l’Élysée, lui envoie l’un de ses journalistes pour l’interviewer, il ne sent pas le piège. Il doit se dire que politiquement, il ne compte pas. Et il a raison. Mais il « encombre » quelqu’un d’autre : le petit facteur…

Or, Olivier Besancenot grignote peu à peu de l’audience politique. A ce rythme-là, il va bientôt prendre la place de challenger pour les prochaines élections présidentielles – et du même coup il va faire le lit du candidat de droite.

En effet, rappelez-vous 2002 ! La gauche clamait :  » Votez escroc, pas facho !  » Résultat : Chirac est réélu avec plus de 82 % des voix.

Un tel score, ça donne des idées, non ?!

Alors, en 2012, on pourrait bien entendre crier :  » Votez Sarko, pas gaucho ! « 

A une autre époque, on dit que Mitterrand avait scellé un pacte avec Rouillan avant de prendre une mesure d’amnistie pour les crimes commis par Action directe – et il avait été cocu*. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais cette fois, on a bien l’impression que le cocu, c’est Rouillan.

—

* Voici un extrait de  » La PJ de 1982  » sur ce blog : (…) Pendant ce temps, les vrais terroristes nous terrorisent. La France est un champ de bataille. Action directe se scinde en trois. Une partie renonce à la lutte armée, une autre fait alliance avec la Fraction armée rouge et la dernière, dite branche lyonnaise, se lance dans des actions antisémites. En mars, une bombe explose dans le train Le Capitole : cinq morts, vingt-sept blessés. En avril, une voiture piégée explose, rue Marbeuf, à Paris : un mort et soixante-trois blessés. En juin, un commando d’Action directe s’en prend à l’école américaine de Saint-Cloud. En juillet, c’est une banque. Le caissier est blessé. En juillet, une bombe explose, rue Saint-Maur, à Paris ; puis c’est le consulat de Turquie, à Lyon qui est visé. Le même mois, une bombe explose près de la cabine téléphonique du Pub Saint-Germain, dans le VI°. Le 9 août, c’est la fusillade du restaurant Goldenberg, dans le quartier juif, et la fusillade de la rue des Rosiers. L’été n’en finit pas. A Paris, voiture piégée devant l’ambassade d’Irak, bombe contre l’hebdomadaire Minute… Le 21 août, deux démineurs de la préfecture de police sont tués alors qu’ils tentent de désarmorcer une charge d’explosif sous la voiture d’un Américain. Le 17 septembre, un véhicule de l’ambassade d’Israël explose en plein Paris, faisant près d’une centaine de blessés. Etc. Cette année 1982, des centaines de personnes sont mortes ou ont été blessées victimes d’attentats. Et pendant ce temps, la police tourne au ralenti.

La bourse et les petits lapins

« Et l’histoire des petits lapins de Fibonacci, tu connais ?… On installe un couple de lapins sur une île déserte. Pour mériter leur réputation, ils font l’amour – comme des lapins. Et chaque mois la maman donne naissance à un garçon et une fille. Or, dès l’âge de deux mois, les lapins peuvent se reproduire. Combien y aura-t-il de paires de lapins au bout d’un an ? 

« Cette nuit-là ne fut pas romantique. Je fis un rêve étrange à la limitelapins-1.1222779135.gif du cauchemar : dans un paysage apocalyptique, une multitude de petits lapins blancs se grimpaient dessus en rigolant… »

Il s’agit d’un court extrait de mon livre « La journée des 3 Sorcières ». Si je me cite, ce n’est ni pour me faire de la pub (téléchargement gratuit pour les lecteurs de ce blog) ni par autosatisfaction. Il s’agit d’une simple réaction épidermique aux déclarations de certaines personnalités qui nous claironnent que la crise financière était imprévisible. Si un néophyte comme moi l’a envisagée il y a 6 mois, on est en droit d’être dubitatifs…

Voici un schéma tiré de L’Analyse technique de Therry Béchu et Eric Bertrand, aux éditions Economica (page 37 de mon livre) pour comprendre le principe de la série des nombres de Fibonacci appliqué au lapinisme de ces petits mammifères :

 

lapins-de-bonifacci.1222770201.jpg

 

Et voici un petit tableau explicatif (page 42) :

 

Le nombre d‘or, la série des nombres de Fibonacci, et la bourse :

C’est Euclide, le plus grand mathématicien de la Grèce antique qui le premier a établi le rapport entre les segments d’une droite partagée par un point. Ce rapport lui a permis de construire plus facilement certaines figures, comme le pentagone (5 côtés) ou le décagone (10 côtés).

Mais ce n’est qu’au XIX° siècle que cette théorie fut reprise après avoir observé que ce rapport était une constante utilisée aussi bien par l’homme, sans doute à son insu, que par la nature. On le retrouve en effet dans la façade du Parthénon d’Athènes, dans l’architecture de grandes cathédrales européennes, ou dans les sculptures grecques. Mais l’on constate aussi son existence dans la nature, dans les minéraux, les plantes et même dans la structure du corps humain. En 1931, un diplomate roumain peu scrupuleux, enfourche ce cheval de bataille. Il glorifie la géométrie grecque pour étayer une thèse sur la suprématie de « la race blanche ». Ses motivations sont donc loin d’être scientifiques, mais il semble être le premier à utiliser un terme qui fait bondir les mathématiciens : le nombre d’or.

Le nombre d’or est un nombre sans fin.  En voici un morceau : 1,618 033 988 749 894 848 204 586 834 365 638 117 720 309 179 805 762 862 135 448 622 705 260 462 189 024 497 072 072 041…

Allez ! On va arrondir à 1.618.

Ralph Nelson Elliott (1871-1948) a construit une doctrine boursière en s’appuyant sur le nombre d’or et la série des nombres de Fibonacci.

On l’appelle la théorie des vagues. Elle est basée sur trois composantes : configuration des cours, ratios existant entre les différents mouvements et temps qui sépare chaque nouvelle tendance (sans doute la notion la plus délicate à définir).

Le principe veut que les marchés financiers connaissent des cycles et évoluent par vagues. La théorie d’Elliott découpe chaque cycle en huit vagues. Les cinq premières forment la tendance (haussière ou baissière) et les trois suivantes la correction. Mais les cinq vagues de tendance s’organisent elles-mêmes en trois fortes vagues d’impulsion (qui forment la tendance) et en deux petites vagues de correction.

La théorie des vagues est très suivie par les brokers. Si l’on applique cette théorie au CAC, à la date du 3 mars 2008 (voir graphique), on peut penser qu’on se situe à la fin d’un cycle haussier. Auquel cas, il faut se demander si le prochain cycle long sera haussier ou baisser. Conclusion : rester hors du marché des actions en attendant qu’une tendance se dessine nettement. Si c’est la baisse qui l’emporte, on peut craindre un sérieux plongeon.

Suivi d’un graphique du CAC 40 au 3 mars 2008 (page 43) :

cac.1222769814.jpg

Au fur et à mesure que j’écrivais ce roman (en live sur ce blog), je me suis débarrassé de mon petit portefeuille d’actions. J’ai donc ainsi gagné de l’argent en évitant d’en perdre. Comme quoi en se mettant à la littérature, à défaut de s’enrichir on ne s’appauvrit pas…

Selon cette théorie, on se se situe aujourd’hui à la fin de la période de correction « prévisible », mais que va-t-il se passer à présent ? Hausse ou baisse ? Dans les deux cas, ça risque de décoiffer…

Si quelqu’un a une idée…

 

La maman d'Antoine nous interpelle

« Nous aimons Antoine et nous n’avons qu’une seule envie : le revoir, le câliner, le dorloter et recommencer notre vie comme avant ou presque… 

« J’aurais aimé faire partie de ces mères parfaites qui ne ratent jamais rien et qui ont ce fameux manuel ou tout est indiqué, mais ce n’est pas le cas… Ça ne se passe jamais comme dans les livres des mamans parfaites… »

C’est une citation du message que m’a laissé hier la maman d’Antoine…

Un message bouleversant. Je vous invite à le lire dans les commentaires d’une note précédente, et tout comme moi j’en suis sûr, vous n’envisagerez plus cette disparition comme un… fait divers.

Alexandrine se sent seule. Visiblement, on n’a pas pris la disparition de son fils au sérieux. Gendarmes et Procureur se sont laissés impressionner – défavorablement – par son passé, comme si une condamnation pour une histoire de drogue pouvait avoir un rapport avec la disparition de son enfant !

Et pourtant, voici ce qu’on aurait dû lui proposer :

_______________________________________________________________

 

   DISPOSITIF OFFICIEL

En cas de disparition d’enfants, les familles peuvent obtenir une information, aide et  un soutien auprès du service téléphonique « SOS Enfants Disparus ». 

Services dont peuvent bénéficier les parents et la famille

En cas de disparition, de fugue ou d’enlèvement d’enfants, ce service permet : 

  • d’accompagner les parents, la famille par un référent unique, 
  • d’assurer le suivi du dossier durant toute la procédure, 
  • de guider les parents ou la famille vers les administrations compétentes et associations spécialisées, 
  • d’offrir une aide psychologique à la famille.

_________________________________________________________

Au lieu de ça, ON L’A MISE EN GARDE A VUE.

Au bout de 28 heures, le procureur a déclaré à peu près ceci :  » La garde à vue ne veut pas dire qu’on est coupable, mais la libération ne veut pas dire qu’on est innocent. « 

« Certains ont oublié Antoine, nous pas, et heureusement quelques enquêteurs pensent à lui plutôt qu’à autre chose. Comment peut-on se permettre avec si peu d’infos de décider que mon petit ange soit mort ou qu’on ne le cherche plus… »

Je viens de cliquer sur le site des avis de recherche de la police judiciaire : LA PHOTO D’ANTOINE N’Y FIGURE PAS !

« Pendant que vous parlez de nous, que vous scrutez notre passé, vous oubliez le seul qui soit en droit d’avoir sa photo en première page […] ANTOINE… »

« Alors, MERCI DE PENSER A LUI… »

Madame Alexandrine Brugerolle de Fraissinette communique en fin de texte l’adresse du site qui le premier (le seul ?) a diffusé un avis de recherche : http://disparition-antoine.skyrock.com/

Les internautes ont eu la peau du fichier Edvige. Ne peuvent-ils pas supplanter les insuffisances d’une administration poussiéreuse ? Malgré ce qu’on veut nous faire croire, il n’est peut-être pas trop tard pour sauver un enfant !

Et si par bonheur on voyait Antoine réapparaître, débarquant de chez sa grand-mère, de chez son oncle… ou je ne sais d’où : Coucou, c’est moi ! On ne se dirait pas qu’on a fait ça pour rien.

On serait juste contents de l’avoir fait.

_______________________________________________________________________

avis-gendarmerie.1222698881.jpg

 

No comment

La commission des finances planche sur le règlement des heures supplémentaires dans la police. Elles seront réglées au taux majoré de 140 %, ce qui représente un bonus moyen de 40 € par heure travaillée.

C’est du moins ce que rapporte la Tribune de Genève du 24 septembre 2008.

Car il s’agit des policiers genevois ! C’est à peu près le police-du-canton-de-vaud.1222590477.jpgdédommagement qu’ils vont toucher pour le surcroît de travail occasionné par l’EURO 2008. À ces heures sup’, il faut ajouter une prime exceptionnelle de 1.500 €.

En France, les officiers de police ont engrangé 5 millions d’heures supplémentaires. L’année dernière, Frédéric Péchenard, le directeur général de la PN, s’est engagé à apurer la situation d’ici… 2 ans ½ – au tarif de 9,25 € l’heure. Toutefois, magnanime, l’administration a promis que ces sommes seraient défiscalisées…

policeprimerendement_humourenpj.1222590668.gif

 

Un officier de police gagne entre 1700 et 3700 €. Il peut prendre sa retraite à partir de 55 ans. À Genève, les policiers gagnent presque le double et ils prennent leur retraite à 52 ans.

C’est vrai que chez nous, les flics ont la prime aux résultats… Une prime collective annuelle de 600 €, nous dit le syndicat Alliance-Police Nationale, et une prime individuelle de 100 € pour un événement exceptionnel.

Si les syndicats rouscaillent un brin, les petits malins se frottent les mains en se disant que ce n’est pas ça qui va motiver les policiers…

Antoine : cellule 63

On est sans nouvelles du petit Antoine, disparu depuis maintenant quinze jours. Et nous sommes de plus en plus nombreux à nous inquiéter, à nous interroger : Tout a-t-il été mis en œuvre pour le retrouver VIVANT ?

En effet, le procureur, les gendarmes, les journalistes…, tout le monde en parle au passé. La présidente de « Esperanzassociation », qui a été l’une des premières à réagir et à diffuser un avis de recherche, m’a confié tout à l’heure au téléphone : « Il n’y a que sa mère et sa grand-mère qui en parlent au présent. »

Et c’est vrai ! On a l’impression que sur place, les enquêteurs recherchent… un cadavre. 

Même Interpol semble avoir fait au minima.

AVIS DE RECHERCHE INTERPOL

avis-recherche-interpol_53974070.1222432205.jpgPresent family name: BRUGEROLLE DE FRAISSINETTE
Birth name: BRUGEROLLE DE FRAISSINETTE
Forename: ANTOINE
Sex: MALE
Date of birth: 24 May 2002 (6 years old)
Place of birth: BEAUMONT, France
Nationality: France
Mother’s maiden name & forename: BRUGEROLLE DE FRAISSINETTE
 
Height: 1.10 meter <-> 43 inches
Weight: 19 kg <-> 42 pounds
Colour of eyes: BROWN
Colour of hair: CHESTNUT
Distinguishing marks and characteristics:
Pierced earlobes.
 
Date of disappearance: 11 September 2008 at 6 years old
Place of disappearance: ISSOIRE, BEAUMONT, France

—————————————————————————-

Or, il faut rappeler que ce jeudi soir, alors que sa mère l’avait laissé seul, le petit Antoine a pris son sac à dos et un paquet de biscuits, et il est sorti. Les chiens « renifleurs » l’ont confirmé. Ils ont suivi sa trace sur plusieurs centaines de mètres.

Mais ce garçonnet de 6 ans ½ est un débrouillard. Sa mère travaille comme serveuse dans un bar. Elle a 23 ans.

Certes, Antoine est souvent seul. Souvent, il sort pour de longues balades – toujours seul. Mais il revient. Jamais il n’a fugué.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais on se dit que les gendarmes ont eu tort de démarrer leur enquête comme s’il s’agissait d’une simple fugue. Que le procureur a failli  en ne déclenchant pas le plan Alerte-enlèvement. Mais il est facile de juger après coup… Peut-être se sont-ils laissés abuser par la personnalité de la mère du petit Antoine et par son entourage.

Mais une mère de famille n’est pas forcément un monstre sous prétexte qu’elle est un peu paumée, ou fauchée.

Cette jeune femme, Alexandrine, n’a jamais connu son père – et son fils ne connaît pas le sien. À 16 ans, elle aurait pu se faire avorter. C’était presque un droit. Elle a gardé son enfant et elle l’élève tant bien que peu, mais elle l’élève. C’est pas si mal pour une paumée.

On dit que quelques jours après la disparition une certaine zizanie s’est installée au sein de la Section de recherches de la gendarmerie, entre ceux qui voulaient découvrir des coupables et ceux qui voulaient d’abord retrouver l’enfant.

Ce midi, un rien embarrassé, le lieutenant-colonel qui assure le service de presse a reconnu que les enquêteurs devaient redémarrer l’enquête à zéro. La cellule 63 a été créée.

Un enfant est peut-être à la merci d’un détraqué sexuel.

Et l’enquête redémarre à zéro !

 

P.S : J’ai reçu plusieurs remarques pour avoir écrit que pour Alexandrine l’avortement était « presque un droit »… Je me permets ce post-scriptum pour reconnaître une formulation bien maladroite. Je voulais parler de droit moral… Mais en vérité j’aurais dû m’abstenir d’aborder un sujet aussi personnel. Mes excuses, Madame.

« Older posts Newer posts »

© 2026 POLICEtcetera

Theme by Anders Noren — Up ↑