Aux États-Unis, il est couleur peau de léopard et il fait MP3. Chez nous, il est rose, mais il ne joue pas de musique. Non mesdames, ce n’est pas le dernier sextoy à la mode, mais le petit frère du Taser.
On l’appelle le Stoper C2. Il est deux fois moins puissant que son grand frère, et il a une portée de 4 mètres.![]()
Pour l’heure, cette arme d’auto-défense est « probablement » classée en 6° catégorie (si quelqu’un en sait plus…). Elle est donc en vente libre. L’importateur, SMP Technologies, la propose pour moins de 500 €, et à ce prix-là, nous dit-il, il assure la formation de ses clientes…
Parmi celles-ci, on ne doit pas compter Martine Aubry. D’autant qu’elle vient d’être victime d’un tir – non létal – du fameux pistolet électrique. Elle a déclaré que cette arme avait fait 290 victimes en Amérique du Nord… Aussi sec, l’importateur pour la France a envoyé sans sommation une sommation par voie d’huissier à ladite dame. Interrogée par un journaliste de La voix du Nord, elle a répondu : « Je n’ai pas l’habitude de dire des choses dont je ne suis pas sûre. » Pour appuyer ses dires, elle a fait référence à un rapport d’Amnesty International ainsi qu’a un rapport de l’ONU qui classe ce bidule électrique parmi les instruments de tortures.
La question de fond est la suivante : le Taser, présenté comme une arme non létale, peut-il entraîner la mort ?
Indubitablement, la réponse est oui. La démonstration la plus frappante est le décès – quasi instantané – d’un immigrant polonais, à l’aéroport de Vancouver, au Canada. Sur les images prises par un témoin, on voit un homme très agité, visiblement « désorienté », mais tout aussi visiblement non menaçant. Les policiers s’approchent et ils le tasérisent, alors qu’à l’évidence il aurait pu être maîtrisé d’une manière plus… conventionnelle.
Mais pour être objectif, le Taser peut se révéler efficace pour neutraliser un individu dangereux avec un minimum de risques pour lui et pour les intervenants. Ainsi, le 3 octobre 2008, un homme retranché dans son appartement, en état de démence, menace d’attenter à ses jours à l’aide d’un couteau de boucher. Situation rouge. On parlemente. Mais l’homme ne se calme pas. C’est alors qu’un policier parvient à s’approcher suffisamment près pour utiliser son Taser. Résultat : aucune victime.
Lorsque j’ai parlé sur ce blog de l’arme individuelle des policiers, le Sig Sauer, l’un d’eux a laissé un commentaire : « Ce n’est pas l’arme qui est dangereuse mais celui qui la tient… »
La police et la gendarmerie sont équipées du pistolet électrique depuis 2004. Il y en aurait environ 4.000 en dotation, mais on ignore combien de fois il a été utilisé. Il y a eu plusieurs accidents. A ma connaissance – aucun mortel. Le dernier au mois d’août 2008. Lors d’un contrôle d’identité, à Vernon, dans l’Eure, un policier a tiré sur un homme de 26 ans. Les fléchettes se sont plantées dans son crâne. L’enquête est en cours, comme on dit.![]()
Depuis peu, le Taser fait partie de la panoplie de la police municipale. À la diligence du maire. Jusqu’à ce jour, ils ne sont pas chauds, nos élus. Et je crois qu’ils ont raison, car une utilisation malencontreuse pourrait bien en faire un boomerang électoral.
En France, les autorités ont classé cette arme – non dangereuse – en 4° catégorie, au même rang qu’un revolver 357 magnum, ce qui est curieux. Et ce qui interdit son achat par un particulier.
Heureusement qu’il nous reste le pistolet de ces dames.
Mais la prison doit rendre candide. Car lorsque Christophe Barbier, que l’on sait très proche de l’Élysée, lui envoie l’un de ses journalistes pour l’interviewer, il ne sent pas le piège. Il doit se dire que politiquement, il ne compte pas. Et il a raison. Mais il « encombre » quelqu’un d’autre : le petit facteur…