Je ne sais pas si Liliane Bettencourt se souvient de cette phrase de Georges Marchais lorsqu’il apprit que « Mit’rand » s’apprêtait à écorner le programme commun de la gauche ; mais à force de lui chercher
des poux dans la tête, elle aussi, elle pourrait bien les faire, ses valises.
Dans cette histoire à épisodes, qui va finir par devenir le feuilleton de l’été, on retrouve tous les ingrédients de Dallas, l’argent, la politique, le mensonge… (ah non, y a pas de pétrole !), et chacun de se perdre en conjectures. Y a-t-il eu malversation, malhonnêteté, prévarication… ?
Eric Woerth, s’explique, se défend : c’est simple, il n’est jamais intervenu. Quant à sa femme, elle n’était pas au courant des comptes off shore de sa « patronne », ce qui dans une minuscule structure de quelques salariés peut paraître pour le moins surprenant… Mais bon, admettons !
La question que nous, les petites gens, on se pose, est bien plus simple…
Comment un ministre qui gère le budget de la France peut-il trouver normal que son épouse se mette au service de l’une des plus grosses fortunes du monde ? En effet, quelle que soit son intégrité, une telle situation ne peut entraîner que des interrogations, voire de la défiance.
N’a-t-il donc jamais entendu parler de la théorie de l’apparence ? Ce principe rabâché par la Cour européenne des droits de l’homme qui, appliqué au cas présent, donnerait : il ne suffit pas de se savoir honnête, il faut aussi montrer qu’on l’est.
Car les choses de la vie publique ne doivent pas seulement exister, elles doivent être visibles de tous et compréhensibles pour tous. Un gouvernement qui prêche l’exemplarité de la peine en matière pénale doit facilement comprendre ça, non !
Il suffit juste d’un peu de jugeote.
Les gens qui nous dirigent auraient-ils perdu à ce point la notion des réalités pour que cela ne leur saute pas aux yeux ?
Et puis, d’un coup, une autre question nous taraude : a-t-on fait des concessions pour éviter que Mme Bettencourt ne quitte le pays ? Existe-t-il des règles fiscales à géométrie variable selon qu’on s’adresserait à une riche héritière, à un joueur de foot ou à Madame Michu ?
Le fameux bouclier fiscal ne serait-il pas suffisant pour retenir les grosses fortunes ?
En tout cas, cette histoire fait naître le doute…
Liliane Bettencourt a déclaré qu’elle allait régulariser sa situation. Sous prétexte qu’elle a acheté une île, comme d’autres s’achètent une Breitling, ou qu’elle s’est offert un « artiste », comme autrefois, les vieux messieurs s’offraient une danseuse, on veut nous faire croire qu’elle est gaga. Mais en fait, c’est la seule à parler net dans cette affaire. Alors, attention ! À force de la titiller, elle pourrait bien décider de bazarder l’Oréal et de faire ses valises…
Le géant suisse de l’alimentaire,
Nestlé, qui détient déjà 30% du capital de l’Oréal, est à l’affût. Ce groupe rêve depuis des années de récupérer les 30% de la famille Bettencourt. Pas de mon vivant, aurait dit Liliane.
Ma pauvre dame (?), je crains bien que vous ne soyez plongée dans « un monde impitoyable ».

