Depuis la mort des deux otages français, les informations les plus contradictoires circulent. Sans doute parce que personne ne sait exactement ce qui s’est passé. La pire des choses serait que l’on nous mente…
Antoine de Léocour et Vincent Delory ont été, nous dit-on, pris au hasard parmi les clients du restaurant Le Toulousain, simplement
parce que leur table se trouvait près de la porte. Pourtant, d’après certains témoignages, les deux ravisseurs ont marqué un temps avant de se diriger vers eux. Ils auraient eu, à ce moment-là, l’arme à l’épaule, et ne se seraient vraiment montrés menaçants qu’au moment où leurs amis nigériens tentaient de s’interposer. Les deux jeunes gens sont alors poussés dans un 4X4 qui démarre en trombe.
Pourtant, à juste raison, les autorités ont estimé qu’une reconstitution s’avérait nécessaire. Des policiers français et le chef de la section antiterroriste du parquet de Paris sont sur place, mais l’enquête, comme il est de règle, est effectuée par des policiers nigériens, sous l’autorité du procureur de Niamey. C’est l’hypothèse du hasard qui semble pour l’instant retenue. Il est évident, que si ce n’était pas le cas, si Antoine de Léocour avait été ciblé (en raison de sa religion ou de son prochain mariage avec une Nigérienne, par exemple), on pourrait sérieusement envisager une complicité dans son entourage ou dans le restaurant.
Dès que l’alerte est donnée, les gendarmes nigériens réagissent. Ils prennent en chasse les véhicules des ravisseurs (probablement deux) et, vers 2 ou 3 heures du matin, à proximité de la frontière malienne, il y a un premier accrochage. Deux gendarmes sont blessés. Les kidnappeurs parviennent à s’échapper. Ils prennent la fuite en direction du nord. Plus loin, ils tentent de se camoufler et dissimulent leurs voitures sous des bâches. Mais ils sont repérés. Par qui ? On ne sait pas. Un avion de surveillance français a décollé. Mais les Français coopèrent-ils à ce moment-là avec les forces nigériennes ? Les satellites étaient-ils en action ? Nouvel accrochage. Cette foi, un gendarme est tué et les ravisseurs parviennent à s’enfuir en dérobant, en plus, un véhicule de la gendarmerie. C’est semble-t-il à ce moment-là que, depuis les Antilles, le président Sarkozy donne son feu vert. Un hélicoptère décolle de Ouagadougou, au Burkina Faso.
Vers 7 heures du matin, les forces françaises interviennent au Mali. Probablement un (mauvais) tir d’arrêt depuis l’hélicoptère, car deux véhicules sont calcinés et celui de la garde nationale est criblé de balles. Le bilan est de neuf morts : les deux Français, trois gendarmes et quatre ravisseurs. Et cinq blessés parmi les militaires nigériens.
On ignore, pour l’instant, le rôle joué par la garde nationale nigérienne lors de cette ultime intervention. Selon le communiqué du ministère de la Défense des personnes portant l’uniforme de la gendarmerie nigérienne ont participé au combat contre les militaires français. Ce que contestent les autorités nigériennes, qui affirment que leurs gendarmes ont été « victimes de tirs français » alors qu’ils « poursuivaient les gens d’Al-Qaida ». Pour Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), qui a revendiqué le rapt des deux Français, ce sont 25 militaires nigériens qui auraient été tués ou blessés lors de l’assaut des forces françaises.
Dans un premier temps, il avait été question de deux prisonniers, mais cette information a été démentie. Il s’agirait en fait de deux blessés parmi les forces de l’ordre nigériennes.
Si la décision du président de la République n’a demandé que quelques dizaines de minutes, on a bien compris qu’elle s’inscrit dans une stratégie mûrement réfléchie. Il s’agit d’une réponse militaire à une situation envisagée. Un plan qui fait suite à l’opération manquée pour délivrer Michel Germaneau. Raison pour laquelle des forces spéciales sont à pied d’œuvre dans plusieurs pays de la région (Burkina Faso, Tchad, Mauritanie et Niger). Il faut dire qu’en cherchant à pousser nos ressortissants et nos entreprises hors de cette région d’Afrique, la branche maghrébine d’Al-Qaida s’en prend directement aux intérêts de la France.
Alors, pour répondre aux lecteurs qui m’ont interpellé à la suite du précédent billet, je pense qu’on peut envisager une telle situation sous deux aspects différents.
Soit on estime que « ne rien faire c’est donner un signal que la France ne se bat plus contre le terrorisme », comme l’a déclaré Alain Juppé. Qu’il est donc indispensable de montrer sa force et sa résolution, quitte à sacrifier la vie de « civils », alors, cette opération est parfaitement justifiée. Mais il ne s’agit pas d’une guerre. Il n’y a pas d’exemple, je crois, d’un « terrorisme » qui aurait été neutralisé par les armes. Et il n’est pas hors de propos, non plus, de rappeler que le Sahel, là où Aqmi a trouvé refuge, est l’une des régions les plus pauvres du monde : dix millions de personnes y souffrent de la faim.
Ou bien, on pense que la vie de deux hommes passe avant tout. Dans ce cas, cette opération est une véritable boulette, car une intervention typiquement militaire ne leur laissait pratiquement aucune chance. Qu’ils aient été tué par leurs ravisseurs ou lors des combats. Et si vraiment il n’y a eu aucun survivant parmi les terroristes, aucun prisonnier susceptible de fournir de précieuses indications, tant sur l’organisation d’AQMI que sur les autres otages français, alors le bénéfice se limite à une bravade qui risque de nous coûter cher. Car aujourd’hui, la France se retrouve en première ligne.
Pour ma part, je ne me vois pas sacrifier la vie d’un homme. Mais je ne suis pas aux manettes.
Aujourd’hui, que ce soit le fait d’agents privés ou d’agents d’État, l’espionnage industriel est devenu monnaie courante. Et le piratage informatique tient la corde. D’après une étude réalisée au Canada (Rotman-Telus), auprès de plus de 500 entreprises, les « brèches informatiques » auraient augmenté de 29 % en 2010, pour un coût moyen unitaire estimé à environ 450 000 €. Quant au secteur public, c’est pire. L’augmentation serait de l’ordre de 74 %. Outre les moyens devenus classiques (vers, virus, etc.), on revient peu à peu à des solutions plus terre-à-terre : les vols d’ordinateurs portables et de téléphones cellulaires sont en très nette augmentation, respectivement 75 et 58%.
la création des fameuses brigades mobiles, et notamment la 1ère dont le ressort couvre toute la grande couronne et dont le siège se trouve au centre de Paris, rue Greffulhe. Les « mobilards » deviennent de sérieux concurrents pour leurs « cousins » parisiens. Et surtout, ils ont à coeur de faire leurs preuves. Je ne peux m’empêcher de citer ce passage : « Les deux inspecteurs, cachés dans les taillis, guettent obstinément la route (…) en pleine campagne, à une trentaine de kilomètres à l’est de Paris (…) « Viendront, viendront pas ? » se demande Jules Belin. Depuis une semaine, son collègue Bronner et lui tentent de mettre la main sur des pilleurs de poulaillers et de clapiers qui sévissent dans les environs (…) « A vous de les attraper ! » a dit le commissaire. La mission est modeste, mais Belin ne s’en plaint pas. Récemment affecté à la 1ère brigade mobile de Paris, il mène là sa première véritable enquête, celle que le patron réserve d’entrée aux bleus, la chasse aux voleurs de poules ».
question dans ce livre, j’ai tiqué sur l’assassinat de Jean de Broglie. Je me souviens de ce que m’en avait raconté (
