LE BLOG DE GEORGES MORÉAS

Auteur/autrice : G.Moréas (Page 67 of 82)

Le + et le – du fichier génétique

Le FNAEG (fichier national automatisé des empreintes génétiques) est toujours aussi controversé. Il en a été question à plusieurs reprises sur ce blog et, comme beaucoup, j’ai émis des réserves (ici), non pas sur son efficacité mais sur l’utilisation qui pourrait en être faite et cette volonté qu’on sent sous-jacente de ficher l’ensemble des Français.

adn_betapolitique.1227952179.gifMais il faut être objectif. Aussi ai-je repris dans le bulletin mensuel de l’Observatoire national de la délinquance (ici), les derniers chiffres et les exemples précis d’enquêtes réussies grâce à ce fichier au cours de l’année écoulée.

En douze mois, la base de données s’est enrichie de 19.642 profils génétiques supplémentaires, ce qui porte son total à 958.317. (Le million pour le réveillon du nouvel an !) Durant cette même période, 959 affaires ont été « rapprochées ».

Et voici les exemples qui ont donc été fournis par les services de police et de gendarmerie :

En Maine et Loire, au mois d’octobre 2007, une fillette disparaît. Les recherches s’organisent. On la retrouve trois jours plus tard. Morte. Des traces Adn sont prélevées sur son corps et inscrites au FNAEG. Elles concordent avec celles d’un individu connu pour être l’auteur de plusieurs cambriolages. Il sera arrêté peu après par les gendarmes de la section de recherches d’Angers.

Dans le Rhône, l’auteur d’une tentative de meurtre sur la personne d’un commerçant, lors d’un vol à main armée, perd sa fausse moustache. Les prélèvements Adn sur le postiche permettent aux enquêteurs de la PJ d’identifier un individu condamné pour des vols à main armée commis dix ans plus tôt. Il sera interpellé et écroué.

En décembre de l’année 2000, dans les Yvelines, à la suite d’une collision entre deux véhicules, un homme est brûlé vif dans sa voiture. L’auteur de l’accident prend la fuite. Son véhicule (volé) est retrouvé peu après. Sur un mouchoir et un mégot de cigarette découverts dans l’habitacle, les enquêteurs relèvent des traces Adn. En 2008, le FNAEG s’enrichit d’un nouveau profil, cette fois identifié. Ce qui permet aux policiers de la PJ des Hauts-de-Seine d’identifier les deux auteurs de cet accident vieux de huit ans, dont l’un est déjà incarcéré pour « car jacking ».

En Seine-et-Marne, l’auteur d’une multitude de cambriolages est identifié grâce aux traces Adn relevées sur place, alors qu’il est emprisonné pour d’autres causes.

Idem dans le Nord, où l’exploitation d’empreintes Adn relevées sur des vols avec effraction dans des chalets situés en zones touristiques a permis l’arrestation de l’auteur d’une quarantaine de cambriolages.bebe_portail-anarchiste-theyliewedie.1227952322.jpg

Il est certain que ces crimes et ces délits n’auraient jamais été résolus sans le fichier génétique. Si dès la naissance on archivait notre Adn, les statistiques policières approcheraient sans doute les cent pour cent de réussite. Mais est-ce vraiment ce qu’on veut ?

Vous seriez prêt, vous, à donner aux flics l’Adn de votre bébé ?

Entre l’envie d’une société sans crime et le risque d’une dérive sécuritaire, il existe sans doute un équilibre. A nous de le trouver.

 

Le coup de gueule de Broussard

À plusieurs reprises, dans ce blog j’ai parlé de Mesrine, mais certains commentaires, du genre « C’est mon héros ! » m’ont déstabilisé. Au point que je m’étais bien promis de ne pas y revenir. Mais Robert Broussard a pris le relais.  Après la sortie du 2° volet du film, il a même piqué une grosse colère.

gardes-forestiers_doosier-meurtre.1227741341.jpgIl dénonce, dans L’Express (ici), la manière dont est rapportée la mort du gangster. Il rappelle que la Cour de cassation s’est prononcée et qu’elle a confirmé que les policiers avaient agi en état de légitime défense (ici). Et il s’étonne que la ministre de l’intérieur n’ait pas réagi afin de défendre l’honneur de la police.

Il ajoute enfin qu’on a volontairement gommé les aspects négatifs du personnage, au point d’oublier que c’était un assassin.

Moi, je n’ai pas toujours été d’accord avec Broussard, mais là, je crois qu’il a raison partout. 

D’ailleurs, je ne suis pas certain que Mesrine aurait aimé le rôle qu’on luipension-famille-trois-soeurs.1227742592.jpg fait tenir. C’est d’ailleurs l’avis de sa compagne, Sylvia Jeanjacquot, interviewée dans Libération (ici) : « On nous fait passer pour deux loques humaines qui picolent et font l’amour tout le temps, et pour deux hystériques. Cassel est trop énorme. Jacques était massif, mais pas aussi gros. Ils le font fumer et se promener la bidoche à l’air. Or, dans la vie intime, l’ennemi public était pudique et portait un pyjama boutonné jusqu’en haut. »

Je n’ai pas trouvé d’informations sur l’accueil réservé par les Canadiens au diptyque de Jean-François Richet.  Si un Québécois lit ces lignes…, son avis sera le bienvenu.

Peut-être là-bas, n’ont-ils pas oublié cette femme, Évelyne Le Bourthillier, qui tenait un petit motel, Les Trois-Sœurs, à Percé, et qui fut retrouvée morte, par strangulation, après le départ de Mesrine et de sa compagne.

Ou ces deux hommes, des gardes forestiers, Médéric Coté et Ernest Saint-Pierre, assassinés par Jacques Mesrine et Jean-Paul Mercier, dans une forêt du nord de Montréal.

evelyne-bourthillier.1227742562.jpgMesrine ne fut pas condamné pour le meurtre de la femme, en raison d’une grossière erreur de l’accusation (un bijou de la victime faussement daté). Et c’est probablement grâce à un réseau de l’OAS qu’il parvint à obtenir de faux papiers pour gagner les États-Unis, puis le Venezuela, où il resta jusqu’en décembre 1972.

Jacques Mesrine, un martyr, comme on nous le suggère sur l’affiche du film… Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour moi, ça ne passe pas bien.

Paris sous surveillance

Depuis que le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a changé son fusil d’épaule, le processus est en marche : un millier de caméras supplémentaires vont bientôt surveiller les rues de la capitale. Ce qui rejoint la volonté affichée par la ministre de l’Intérieur de tripler le nombre de caméras sur les voies publiques d’ici deux ans.

panneau-video_signaletiquebiz.1227597312.gifIl est loin le temps où l’on fustigeait le maire de Levallois, Patrick Balkany, qui dès 1993 avait doté sa ville d’un réseau de vidéosurveillance !

En 1995, dans une loi relative à la sécurité voulue par Charles Pasqua, un article entier est consacré au sujet. Une fois n’est pas coutume, ce texte est simple et bien ficelé. En résumé, il impose une autorisation préfectorale pour toute installation dans un lieu public, il limite à un mois la conservation des enregistrements et spécifie que chacun a le droit de se faire communiquer les images où il apparaît.

On parle aujourd’hui d’environ 20.000 installations sur la voie publique. Mme Alliot-Marie a annoncé l’année dernière que ce nombre serait porté à 60.000. Trois mois après cette annonce, elle a créé une commission nationale composée de représentants de la police, de la gendarmerie, des transports, etc. Ce qui laisse penser qu’une fois de plus, on a mis la charrue avant les bœufs.

videosurveillance_tfc_ra.1227544340.jpgEn fait, je ne suis pas sûr qu’il y ait eu en France une étude préliminaire sur le sujet. On s’est contenté de sondages qui donnent en général un pourcentage important de gens favorables, voire très favorables, à la vidéosurveillance. Pourtant, il est impossible aujourd’hui de prouver l’impact de cette technique sur la criminalité. Ce ne sont pas les caméras dans les banques qui ont fait baisser le nombre de hold-up, mais le fait tout simple qu’on y trouve de moins en moins d’argent. Non, la principale utilité est subjective : dans un climat d’insécurité, on se sent protégé par la présence d’une caméra. Fausse sécurité, affirment les opposants : il existe pas loin de 10.000 caméras dans les couloirs et les gares de la SNCF et de la RATP, comment voulez-vous surveiller toutes ces images ? On les enregistre et on les ressort après-coup.

L’aspect négatif est plus sournois. Certains estiment que nous pourrions inconsciemment modifier notre comportement quand nous nous sentons « filmés ». La vidéosurveillance aurait alors sur nous un effet « engourdissant » et nous imposerait une manière d’agir uniforme. Ce qui à long terme pourrait devenir un outil de contrôle de la société.

Dans un document paru dans Le Monde diplomatique, Noé Le Blanc (ici) nous dit : « Au Royaume-Uni, un individu peut être filmé par les caméras de vidéosurveillance jusqu’à trois cents fois par jour. Partout célébré, souvent imité, ce « modèle » de lutte contre la délinquance bat néanmoins de l’aile. De l’aveu même de ses promoteurs, il serait un « échec complet ». »

Nos voisins anglais ont essuyé les plâtres. Cela devrait nous faire réfléchir : faut-il investir des sommes considérables dans un système qui semble ne pas donner satisfaction ?

En 2002, au Canada, le Commissariat à la protection de la vie privée a demandé  l’avis de l’ancien juge de la Cour suprême, M. Gérard La Forest.  «  La vidéosurveillance exercée sans motif valable, a-t-il répondu, constitue une grave menace à la vie privée, encore plus grave lorsque l’enregistrement est continu ».videosurveillance_ets-petitbe.1227544120.jpg

Alors, faut-il empiéter sur notre liberté individuelle, renoncer à notre vie privée, pour un système dont on n’est pas certain de l’efficacité ?

Si l’on veut se faire une opinion objective, il faut tracer un tableau des avantages et des inconvénients.

Avantages :

– Surveillance de déplacements de masse et possibilité de prévenir des actions concertées.

– Éléments de preuves pour poursuivre en justice les auteurs de crimes ou de délits.

– Sentiment de sécurisation dans la population (c’est à la fois un avantage et un inconvénient).

– Effet dissuasif (incertain).

Inconvénients :

– Création d’un faux sentiment de sécurité (Une caméra n’empêchera pratiquement jamais une agression).

– Déplacement de la criminalité vers des zones non protégées.

– Une fois l’installation effectuée, possibilité de détourner son utilisation à d’autres fins que la sécurité.

– Classement possible de la population sur des aspects physiques (surtout avec l’arrivée de la biométrie).

– Possibilité de couplage avec d’autres techniques de surveillance.

– Le coût.

Ainsi, pour l’installation de 1000 caméras dans les rues de la capitale, le budget est estimé à plus de 40 millions d’euros. Mais comme on n’a pas les sous, il a été prévu un partenariat public-privé. La mairie doit financer les travaux de voirie et l’État versera un loyer à des sociétés prestataires de service. Au bout de la chaîne, c’est la police qui doit assurer l’exploitation. Au grand dam des syndicats qui estiment que cela va se traduire par une diminution des effectifs sur le terrain.

paris_cameras_lefigarofr.1227543422.jpgEn tout cas, la préfecture de police devra mettre la main à la poche, car le matériel actuel est obsolète et elle a déjà bien du mal à en assurer correctement l’exploitation.

cineaste.1227542836.gifIl appartient donc à chacun de se faire une opinion, avec en toile de fond le sempiternel balancement entre sécurité et liberté individuelle.

À Paris, tout le monde n’est pas d’accord avec le projet de vidéosurveillance, loin s’en faut. Au sein de la municipalité, certains y vont en traînant les pieds, notamment les Verts. Jacques Boutault, le maire du II° arrondissement organise un débat public, le vendredi 28 novembre 2008, pour discuter « les enjeux de l’installation des caméras de vidéosurveillance dans l’espace public ». J’y participerai. Si vous êtes intéressé, vous pouvez venir (ici), ou me transmettre vos questions.

 

La cyberpolice

Il existe une police de la toile comme il existe une police criminelle, mais ses enquêteurs utilisent ni les traces Adn ni le gyrophare. Ils effectuent le plus souvent leurs enquêtes, les pieds dans les charentaises et le nez sur un écran d’ordinateur.

brigade-informatique.1227424987.jpgAlors que le secrétariat d’État à la famille va prochainement assurer la diffusion de petits films destinés (ici) à sensibiliser les jeunes (et les parents) aux dangers de l’Internet, on peut se demander quels sont les moyens dont disposent police et gendarmerie dans ce domaine.

Je me souviens qu’à la fin des années 60, les services techniques de la DST avaient découvert que le simple rayonnement des ordinateurs du ministère de l’intérieur pouvait être intercepté à plusieurs dizaines de mètres. Des soupçons d’espionnage avaient alors plané sur des agents de l’est qui occupaient un appartement dans un immeuble de la rue des Saussaies.

Mais en police judiciaire, la prise de conscience date de 1984, avec l’affaire dite du CCC (chaos computer club), un groupe de hackers de Hambourg, manipulé par le KGB, qui avait réussi à infiltrer de grandes entreprises travaillant pour la défense nationale. « On s’est rendu compte, déclare le commissaire Yves Crespin, chef de la Befti, dans une interview accordée en octobre 2008 au magazine PC Expert, que l’on n’avait rien : aucun moyen d’enquête, aucune compétence. On a dû faire appel à la DST (…) et à la brigade financière de Paris, où ils avaient des ordinateurs. Un groupe a ainsi été constitué, puis il a grandi au fil du temps. Il a pris le nom de Sefti (service d’enquête sur les fraudes aux technologies de l’information) en 1994, puis Befti. Aujourd’hui, la brigade compte vingt-neuf personnes… » Des policiers qui jouent au chat et à la souris, comme on le voit sur leur logo.

Parallèlement, à la même époque, la direction centrale de la police judiciaire met sur pied un service à compétence nationale, la BCRCI (brigade centrale de répression de la criminalité informatique), qui en mai 2000, devient un office central : l’OCLCTIC (office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication).

Quant à la gendarmerie, elle possède un département important, à ircgn_defensegouv.1227425108.jpgRosny-sous-Bois, au sein de l’IRCGN (institut de recherches criminelles de la gendarmerie nationale), qui a été créé en 1990.

Ces différents services traitent de la cybercriminalité, qu’on peut répartir en deux volets :

– Les infractions dans lesquelles l’informatique est l’objet même du délit (intrusion, contrefaçon, etc.).

– Les infractions pour lesquelles l’informatique n’est qu’un moyen pour parvenir à ses fins (escroqueries, pédophilie, etc.).

De plus, ils apportent une aide précieuse dans les enquêtes traditionnelles, en fournissant des moyens de surveillance et d’interception, ou en participant aux « perquisitions informatiques ».

A noter que l’OCLCTIC a ajouté à sa palette la lutte contre les réseaux internationaux qui se sont spécialisés dans la contrefaçon de cartes bancaires (yescards).

oeil_magritte_arnet.1227425218.jpgEn dehors des policiers et gendarmes, il existe de nombreux services plus ou moins officiels qui s’intéressent à l’informatique, soit dans un souci de protection des sites, soit au contraire dans le dessein inavoué d’espionner ses adversaires ou ses concurrents. Mais là, on n’est plus dans la cybercriminalité, mais dans la guerre cybernétique ou cyberguerre. Il ne s’agit pas de fiction. Ainsi, dans un rapport récent (quelques jours) remis au Congrès américain, il est indiqué que la Chine aurait pris une avance considérable dans le domaine de l’espionnage informatique.

Les radars sont-ils dangereux pour la santé ?

L’autre jour, je patientais tranquillement dans les embouteillages, sur le périphérique parisien. Sur la voie de gauche. Pas à pas. Et la radio annonçait : « Onze mille vies épargnées grâce aux radars… » Vu la vitesse à laquelle on circulait, c’était un peu surréaliste. Point mort. Première. Point mort. Tiens, devant un radar, justement ! Il était là, à combien… un mètre. À me fixer de son œil intraitable.

radar-principe_wikipedia.1227114221.gifEt soudain je me suis souvenu des conseils qu’on donnait aux jeunes recrues dans la marine, l’arme où j’ai fait mon service. « Si tu tiens à ta virilité, disait le bosco, tu ne restes jamais dans l’axe d’un radar ! »

À peine chez moi, je me suis précipité sur Internet. Sur radars-auto.com (ici), j’ai découvert qu’on en était à la 3e génération de ces fameuses boîtes métalliques et que toutes trois utilisent un radar Doppler de type Mesta (les derniers modèles en possèdent même deux), bizarrement surnommé barbecue ou poêle à frire.

« Le Mesta mesure la vitesse instantanée des véhicules par application de l’effet Doppler dans le domaine des micro-ondes… L’instrument peut prendre des mesures jusqu’à 50 mètres. »

Autrement dit, je suis resté plusieurs minutes à un mètre d’un émetteur micro-onde d’une portée utile de 50 mètres…

En poursuivant mes recherches, notamment sur Wikipédia (ici), j’ai vu que les bandes de fréquence des micro-ondes vont de 1 à 100 Ghz et que la plupart des applications utilisent la gamme de 1 à 40 Ghz, ce qui est le cas des fours à micro-ondes, des téléphones portables, des liaisons Wifi et Bluetooth, et… des radars routiers.

« Les technologies employant des micro-ondes peuvent s’avérer dangereuses, nous dit le site techno-science.net (ici), lorsqu’elles dépassent une certaine puissance. C’est pour cela que les techniciens télécoms qui interviennent sur les antennes GSM ne s’en approchent que lorsqu’elles sont désactivées. C’est aussi pour cela qu’un four à micro-ondes ne doit pas laisser sortir les ondes. »

De plus en plus de gens s’interrogent sur l’incidence de ces micro-ondesoiseau-et-le-radar_controleradarorg.1227114434.jpg sur la santé. Ainsi, récemment, la justice a obligé Bouygues Télécom à démonter une antenne relais de téléphonie mobile. Des bibliothécaires de la Ville de Paris se sont plaints de troubles étranges après l’installation de liaisons Wifi (qui ont je crois été désactivées). De par le monde, des milliers de gens se disent électrosensibles. Ils souffrent de maux dont on ne sait pas s’ils sont réels ou psychosomatiques. En Suède et en Grande-Bretagne, on a même admis officiellement l’existence de cette maladie. Le magazine Santé Magazine consacre dans son numéro de décembre (pas encore sur Internet) un dossier complet sur ce sujet, sous la plume de Sylvie Dellus.

Alors qu’on parle ces jours-ci de la baisse de la fertilité masculine, on peut s’interroger : ces champs électromagnétiques qui chaque jour s’intensifient jusqu’à envahir notre environnement, peuvent-ils en être l’une des causes ?

Personnellement, malgré ce qu’en disait le bosco de ma jeunesse, je vais bien. Après contrôle, je n’ai aucune séquelle de mon séjour forcé devant un radar. Pourtant, désormais, dès que la circulation s’intensifie sur le périphérique, j’évite la file de gauche.

Les policiers en colère

Il n’est pas fréquent que les policiers envahissent la rue. Pourtant, ce mardi 18 novembre, à Lyon, ils étaient venus en masse, des quatre coins de France, pour manifester leur mécontentement.

Cadeau piège_terra-economiicainfo.jpgDans la police, il faut un certain courage pour descendre sur la voie publique : toute manifestation est mal perçue tant par la hiérarchie que par le gouvernement. Par le passé, il est même arrivé que des sanctions s’abattent sur les manifestants les plus actifs – ou les organisateurs.

Alors, que veulent-ils ces policiers ? En fait, c’est simple, ils ont des revendications qui rejoignent celles de bon nombre d’autres professions : perte de pouvoir d’achat, dégradation des conditions de travail, etc.

Si j’ai bien compris, lors du mini-Grenelle de la police qui s’est tenu fin octobre, la ministre de l’intérieur a joué la division en « bricolant » un accord avec un syndicat, contre l’avis des deux autres.

Les deux autres ce sont l’UNSA-Police et la SGP-FO, qui représentent près de 60 % des effectifs.

En résumé, cet accord prévoit la suppression de 5 jours de RTT et une modification de la prise en compte des heures supplémentaires. En échange, les policiers obtiennent une prime de 15 € par mois dès l’année prochaine, qui passera à 30 € en 2010. En plus on leur octroie une revalorisation de 2 % de leur prime de risques.

Le compte n’y est pas, disent les syndicats. Tandis qu’au ministère on parle d’une enveloppe de 200 millions d’euros, notamment pour indemniser les policiers qui opèrent dans certaines zones difficiles.

Après tout, les syndicats sont dans leur rôle en défendant les intérêts de leurs adhérents, mais ils ont une autre revendication, plus politique, qui elle nous concerne tous : la suppression de 10.000 postes à l’horizon2008-11-17_maniflyonmerci-1.1227091656.jpg 2012.

Dans un long discours, Nicolas Comte, le secrétaire général de SGP-FO, a déclaré : « […] Nous sommes dans une situation totalement surréaliste : C’est au moment même où le monde et la France vont connaître la plus grave dépression (…) que les idéologues décident de réduire les effectifs policiers ! Quelle erreur ! (…) La dépression va engendrer une tension sécuritaire : c’est hélas, inéluctable. Mais pour les idéologues, le service public de sécurité, comme tous les autres services publics d’ailleurs, doit être réduit, limité, privatisé, vidé de sa substance… bref, détruit ! » 

Les deux syndicats ont décidé de lancer un référendum pour demander aux policiers s’ils sont d’accord avec leur analyse. Dans l’affirmative, ils envisagent une manifestation d’ampleur nationale au début de l’année 2009.

Alors, faut-il craindre une période d’insécurité liée à la crise économique ? C’est peut-être envisager le pire. Quant à la suppression de 10.000 policiers… On pourrait faire un sondage : Etes-vous pour ou contre ?

En posant la question, j’appréhende les réponses…

Les cafards de la République

L’ancien patron des RG, Yves Bertrand, se défend d’avoir dirigé un cabinet noir pour le compte de Jacques Chirac. Il se pose en victime d’une cabale politique, et dénonce la violation du secret de l’instruction qui a permis de mettre ses notes personnelles sur la place publique. C’est l’arroseur arrosé.

trou-serrure_lepost.1226990580.pngYves Bertrand a confondu service de l’Etat et service des hommes d’Etat. Néanmoins, il a raison sur un point : ses fameux petits carnets à spirales ont été découverts à son domicile et placés sous scellés dans le cadre de l’affaire Clearstream, autrement appelé (d’après Wikipédia) affaire du corbeau des frégates de Taïwan. Ils étaient donc couverts par le secret de l’instruction. Quelle main malveillante les a mis sur la place publique… et pourquoi ? Aussi sec, Nicolas Sarkozy a déposé plainte pour atteinte à la vie privée. Interviewé sur Europe 1, Bertrand a déclaré : « Il porte plainte contre des brouillons qui étaient sous scellés et qui ont été piqués… »

Des extraits de ces carnets ont été publiés dans la presse. Si nous, les non-initiés, on ne comprend pas tout, d’autres n’ont aucun mal à mettre un nom sur tel député ou tel ministre. Le Point du 9 octobre 2008 (ici) : Dans l’actuel gouvernement, ce sont quatre ministres qui voient leur intimité dévoilée dans les cahiers d’Yves Bertrand. Sans oublier l’actuel président de la République… Yves Bertrand relève à propos d’un notable de l’UMP qu’il est « bisexuel » et indique l’adresse de sa garçonnière parisienne. Avec ces précisions : « un blondinet », « il lui achète des fringues ». Quant à sa compagne de l’époque, il mentionne qu’elle « a des problèmes fiscaux ». Sur d’autres pages, le même homme politique se retrouve sous la plume de Bertrand mêlé à une partie fine à Cannes dans la villa d’un élu local. Tel ancien ministre socialiste se retrouve étiqueté « échangiste ». À droite, c’est un homme politique de première main dont on apprend que l’épouse l’a surpris au lit avec sa maîtresse dont Bertrand donne l’identité accompagnée d’éléments biographiques. Pour tel autre, on lit : « À La Mamounia, en novembre, s’est tapé des petits garçons. »

Devant une documentation d’un tel niveau, le fichier Edvige, version 1, ressemble à une BD pour ados. Bien sûr, il n’existe aucune preuve de la véracité de ces potins, mais en attendant, le mal est fait.

carnets-noirs_lefigarofr.1226990665.jpgLes 2000 pages de notes griffonnées par l’ancien policier ont depuis été numérisées, et hier, nous dit Le Figaro.fr (ici), les cédéroms ont été remis aux avocats du procès de l’Angolagate. Vous savez, cette histoire de trafic d’armes dans laquelle on retrouve entre autres Charles Pasqua et Jean-Christophe Mitterrand, tous deux soupçonnés d’avoir encaissé des pots-de-vin ! Le juge Courroye, qui a mené l’instruction, n’échappe pas au lynchage. Il aurait eu de multiples contacts avec l’ancien patron des RG – lequel lui aurait fourni de précieux tuyaux. Faits démentis par le magistrat.

Comment s’y retrouver ? Comment faire la part de l’intox et de l’info dans cette avalanche de potins et de commérages – et qui tire les ficelles ?

Même le congrès de Reims du PS ressemble à une cour d’école maternelle à côté de ces maquignonnages politico-judiciaires… Je ne sais pas ce que vous en pensez, un rien nauséabond, non ?

La cellule invisible

C’est le nom de cette communauté anarchiste du plateau de Millevaches qui s’en serait pris à nos TGV. Cette menace de l’ultragauche dont nous parle la ministre de l’Intérieur est probablement sérieuse. Mais elle a beau faire, le procureur de Paris peut en rajouter une couche, ces terroristes n’arrivent pas à nous terroriser.

vaches-et-train_swissworldorg.1226783936.jpgOn aurait même tendance à les trouver sympa ces citadins qui s’implantent au fin fond de la Corrèze. Un rien baba-cool, non !

Pourtant, le choix de cette résidence n’est pas innocent. Ça doit-être l’abc du « petit anarchiste ». En tout cas certains truands ont compris depuis longtemps, qu’il est difficile pour les policiers d’effectuer des surveillances dans un cadre… champêtre, où le moindre visage inconnu attire l’attention. Et puis, comment installer des caméras dans les arbres, surtout en automne ?

Alors, qu’est-ce qui chiffonne dans cette affaire ? Eh bien, malgré les congratulations adressées aux policiers (ici) par les plus hautes autorités de l’État, on a l’impression que ça a merdouillé.

Car d’après les explications de Madame Alliot-Marie, ces individus étaient surveillés depuis de longs mois par la DCRI. Il y avait eu des échanges d’informations entre les services secrets américains et ceux de plusieurs pays européens, dont la France. Il s’agissait selon toute vraisemblance de cibler toute une mouvance plus ou moins internationale susceptible de basculer un jour ou l’autre dans l’affrontement armé. Un beau travail sur le long terme pour des services de renseignements. Et pis voilà !…

Quelques TGV prennent du retard… On imagine les coups de fil de l’Élysée… Les réunions en catastrophe et la DCRI obligée de casser le morceau : « Euh !… On pense qu’on a localisé les… » Aussi sec, la PJ est saisie « Euh !… Il faudrait essayer de les faire en flag… »

Désolé, les enfants, le temps presse. Ça piaffe à l’Élysée ! Alors, arrêtez-moi tout ce beau monde…

Et voilà comment on cochonne une affaire. « Structure à vocationpetard.1226773397.gif terroriste », ce sont les mots utilisés pour qualifier l’infraction et justifier la mise en examen de Julien Coupat, le chef présumé de ce groupuscule. Lui et ses acolytes vont être englués dans une procédure d’association de malfaiteurs comme des mouches sur un papier tue-mouches, mais à votre avis, sont-ils coupables de faits ou d’intentions ?

Cela rappelle curieusement la cellule élyséenne de Mitterrand, lorsqu’elle a interpellé à Vincennes ces Irlandais devenus célèbres, qui rêvaient d’une révolution qu’ils ne feraient jamais. Souvenez-vous, c’était en 1982, après l’attentat de la rue des Rosiers…

Finalement, qu’on ait un Président de gauche ou de droite, lorsque la politique se mêle aux enquêtes de police, on arrive toujours à des arrestations paillettes.

Baader au cinéma

En Allemagne, la sortie du film sur la bande à Baader a provoqué des polémiques. Pas chez nous. Pourtant le terrorisme des années 70 ne connaissait pas de frontières… Alors, Andréas Baader est-il une icône de la lutte révolutionnaire ou pas ?  D’après Cohn-Bendit, Jean-Paul Sartre aurait dit de lui : « Quel con !… »

raf-logo_wikipedia.1226579997.pngDans une interview au Nouvel Observateur (ici), l’ancien soixante-huitard a ajouté : « Ce film à grand spectacle n’apporte rien, n’explique rien sur les années 70… »

N’empêche qu’en Allemagne, il fait un carton.

La Fraction armée révolutionnaire (RAF) est née officiellement en avril 1968. Le mouvement étudiant qui secoue alors un certain nombre de pays occidentaux semble trouver son origine de l’autre côté de l’Atlantique, dans le refus de la guerre du Vietnam. Mais en Allemagne, un élément plus ambigu couve dans la jeunesse : un jugement sans appel sur le comportement des ainés durant la période nazie. Une sorte de règlement de comptes entre deux générations. C’est cette logique qui mènera, en 1977, à l’enlèvement puis à l’assassinat du président du patronat allemand, Hanns-Martin Schleyer, officier SS durant la guerre.

À cette époque (ici), je me souviens, on distribuait aux policiers de petites Bande à Baader_avis de recherche.giffiches cartonnées avec le nom et la photo de chacun des membres de la bande à Baader, des Brigades rouges ou d’Action directe. Mais en dehors de quelques services spécialisés, nous n’étions pas concernés. Honnêtement, tout cela nous passait au-dessus de la tête. Sauf en septembre 1977, où pour retrouver Klaus Croissant (l’avocat de la RAF), réfugié en France, on mobilise beaucoup de monde. Arrêté, il demande l’asile politique. Les intellectuels français, entraînés par Jean-Paul Sartre et Michel Foucault mènent alors campagne (notamment dans Le Monde) pour éviter son extradition. Vainement. Il est reconduit à la frontière. Condamné à 2 ans ½ de prison, à sa libération, il gagne la RDA où il devint, dit-on, un agent actif des services secrets de l’Allemagne communiste. Ses amis ne lui pardonneront jamais.

affiche-bande-a-baaderjpg.1226580435.jpgMême si certains protagonistes sont encore de ce monde, qu’on le veuille ou non, l’action terroriste menée par la bande à Baader fait déjà partie de notre histoire. Et si ce film privilégie le spectaculaire à la réflexion, comme le pense Cohn-Bendit, il a au moins le mérite de nous rappeler une époque trop vite oubliée. Car de fait, la RAF a annoncé officiellement sa dissolution, et l’arrêt de la lutte armée, il y a seulement une dizaine d’années. Et le 24 octobre 2007, pour la première fois, lors d’une cérémonie officielle, l’Allemagne a rendu hommage aux victimes de ce groupuscule.

Certes, on est loin des terroristes ultra-gauchisants du plateau de Millevaches…

Personnellement, j’irai voir ce film, qui paraît-il reconstitue assez bien les événements. Si quelqu’un l’a vu…

En tout cas cela me semble plus intéressant que la vie mégalomaniaque d’un petit truand français dont on a voulu justifier les crimes par une idéologie de bazar.

Guerre des polices en Corse : le remake

Un commissaire muté d’office, un type en cavale qui se répand dans la presse, des milliers de procès-verbaux pour une modeste affaire de malversations financières, deux juges d’instruction qui n’en peuvent mais et la fumeuse DCRI voulue par le Président qui se prend les pieds dans le tapis.

On est en Corse.

Tout démarre en 2006. La SMS (société méditerranéenne de sécurité)antoine-nivaggioni_nice-matin.1226429049.jpg est soupçonnée de favoritisme dans l’attribution de marchés concernant certains aéroports (la SMS assure la sécurité des aéroports d’Ajaccio, de Toulon-Hyères et celui de La Môle-Saint-Tropez). L’année suivante, alors que les indices s’accumulent, son dirigeant, Antoine Nivaggioni, un ancien nationaliste, se met en cavale. On lui reproche entre autre un détournement de deux millions d’euros. Alors qu’il est toujours en fuite, il vient de répondre à une interview du journaliste Gilles Millet, pour le magazine Corsica. « Je suis victime d’une guerre des polices », dit-il en résumé.

En fait, certains enquêteurs subodorent qu’il a bénéficié d’une « protection » de nos nouveaux services secrets : la DCRI.  C’est ainsi qu’au mois de janvier 2008, mystérieusement prévenu par on-ne-sait-qui, il a échappé à une souricière que lui avait tendu la PJ. Néanmoins, les enquêteurs ont interpellé dans la foulée plusieurs personnes dont Jean-Christophe Angelini, un élu dont l’influence « modératrice » dans l’Ile de Beauté est fortement appréciée du côté de l’Élysée. Ce monsieur est soupçonné avec quatre autres individus d’avoir favorisé la fuite de Nivaggioni. Un faux passeport à son nom a d’ailleurs été saisi. Enfin, un vrai-faux passeport, puisqu’il a été fabriqué dans une mairie de la Somme. Pour la petite histoire, lors de son arrestation, Angelini sortait d’un rendez-vous avec Bernard Squarcini, l’actuel directeur de la DCRI.

Dans cette cacophonie politico-policière (voir ici la note qui parle de la tutelle des OPJ), Robert Saby, le commissaire chargé de l’enquête a servi de fusible (un de plus depuis l’affaire Clavier). Mais ce policier a senti la patate. En fin procédurier, il a pris soin, dit-on, d’établir des P-V de toutes les demandes d’intervention ou d’information qui lui sont arrivées de Paris. Il y en aurait pas mal.

En tout cas, les deux juges d’instruction de Marseille, Duchaîne et Tournaire, doivent en avoir ras-le-bol de ces enfantillages. Ces jours derniers, ils ont entendu un policier de la DCRI et un ancien des RG converti dans le consulting. Parions qu’ils ne vont pas en rester là !

lenquete-corse_petillon.1226429011.jpgEn attendant, sur l’Ile, c’est la gabegie. De tous les règlements de comptes de ces dernières années, aucun n’a été résolu. Les dossiers s’accumulent. Les policiers sont sur le qui-vive, et certains se regardent en chien de faïence. Ils ont comme qui dirait perdu confiance dans leur hiérarchie. En deux mots, la machine est grippée.

Cela rappelle curieusement les années 80, lorsqu’un certain Robert Broussard avait été nommé préfet en Corse pour tenter de rétablir un semblant de calme. Il s’était à l’époque sérieusement étripé avec un membre de la cellule élyséenne, le capitaine Paul Barril. Et l’on s’était étonné à juste titre que des gendarmes appartenant à la garde régalienne d’un Président en fonction viennent piétiner de leurs godillots des affaires judiciaires. Un sous-préfet, Pierre-Jean Massimi, avait d’ailleurs payé de sa vie cette guéguerre imbécile.

La cellule élyséenne comptait une cinquantaine de gendarmes, tandis que la DCRI comprend environ 4.000 fonctionnaires.

Entre nous, on peut le dire : Mitterrand jouait petit-bras.

 

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