Hier, c’était la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie. En mémoire aux 23.000 soldats et harkis qui sont morts durant ce conflit. Ce même jour, le président de la République a décidé de revêtir son uniforme de chef des armées. Et il a déclaré :
« Aujourd’hui, nous intervenons en Libye … D’ores et déjà nos avions empêchent les attaques aériennes sur la ville [Benghazi]. D’ores et déjà d’autres avions, français, sont prêts à intervenir… ». Suivant en cela point par point les conseils éclairés de son nouveau mentor : BHL en personne. Et, toute la classe politique, comme un seul homme, s’est levée pour applaudir cette virile décision. Normal, puisque « nous le faisons pour protéger la population civile de la folie meurtrière d’un régime qui en assassinant son propre peuple a perdu toute légitimité ».
Quel lien entre l’Algérie et la Libye ? En dehors de la coïncidence des dates, pas facile de répondre à cette question. Et pourtant, dans les deux cas, il s’agit bien d’une guerre civile. Aujourd’hui, nos forces sont engagées sur un sol étranger pour épauler des populations civiles en rébellion contre l’autorité de leur pays. Sur la pression de la France, la résolution 1973 de l’ONU a été adoptée afin de protéger « les manifestants pacifistes » (ainsi désignés par Hillary Clinton) de la répression féroce des forces loyales de Kadhafi (voir le site Agoravox).
On n’est pas loin du nouvel ordre mondial cher à George Bush.
Alors que la répression des manifestants est peut-être aussi féroce dans d’autres pays arabes, on ne peut s’empêcher de s’interroger : Va-t-on également intervenir au Bahreïn, au Yémen… ?
Et que se passerait-il si demain, l’Algérie, pays frontalier avec la Libye, décidait également de renverser le régime de Bouteflika ? Sommes-nous prêts à bombarder Alger ?
Le 19 mars 1962 est la date de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu proclamé par le général de Gaulle, suite aux accords d’Évian. Le référendum qui a suivi a recueilli 90 % de réponses positives : les Français étaient donc contre la guerre d’Algérie. Je me demande ce que donnerait un référendum sur la décision d’engager nos forces en Libye ? Très bizarrement, je n’ai même pas vu un sondage sur la question…
Rappelons que la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies parle de « toutes les actions nécessaires, y compris militaires ». N’a-t-on pas mis la charrue avant les bœufs ? Avant d’ouvrir les hostilités, a-t-on réellement réfléchi aux autres possibilités ? Et quelles décisions sur le plan humanitaire, alors que des centaines de milliers de personne vivent l’exode ?
Je sais, je nage à contre-courant. Mais ces derniers mois, le survol des « cygnes noirs » me donne un peu le tournis. En 2003, lors d’une allocution, Jacques Chirac a déclaré : « La guerre, c’est toujours un ultime recours, c’est toujours un constat d’échec, c’est toujours la pire des solutions, parce qu’elle amène la mort et la misère. »
Pas mieux.
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scrogneugneu ! La Cour d’appel de Paris vient de faire tomber le couperet : en résumé, on n’utilise pas en justice des pièces dont l’origine est frauduleuse.
préliminaire qui viserait les fonctionnaires de Bercy pour recel de documents volés !
Sommes-nous encore capables de surmonter nos peurs ?
Connection. Un proche de Tany Zampa ou de Francis le Belge, sans doute, mais en plus intelligent, car il aura su rester dans l’anonymat, le bougre ! Mais comme avec l’âge (même si je suis un jeunot par rapport à Jacques Chirac), mes facultés pourraient être mises en défaut, j’ai parcouru la nomenclature d’un livre qui fait référence en la matière, celui d’un autre ancien, mais lui du journal Le Monde, James Sarazin, dans Dossier M… comme milieu (Éd. Alain Moreau, 1977). Bon, pas de Hernandez non plus. Alors, j’ai feuilleté le fichier du grand banditisme des années 70/80, et toujours rien. Pas à dire, le bonhomme, il est fort !
Ce n’est donc pas sans une certaine curiosité que l’on va assister à la mise en jambes de Claude Guéant, que personne, j’en suis sûr, n’osera appeler Monsieur Claude, même si dans l’auguste maison on adore gratifier les patrons de gentils surnoms. Si sa feuille de route consiste à rétablir un sentiment de sécurité dans la population et la confiance des policiers et des gendarmes, il a du pain sur la planche.
On piétine. Avec cette pénible impression d’être devenus les jouets des grands de notre petit monde.