En suivant l’épopée de ce bateau finlandais, battant pavillon maltais avec un équipage russe, on se perd en conjectures. L’imagination se débride : contrebande, mafia, espionnage… ? Puis on apprend qu’il y a une demande de rançon… Il s’agit donc d’un acte de piraterie.
Activité florissante depuis que certains pays – et notamment la France – ont ouvert la boîte de Pandore en acceptant de négocier avec les ravisseurs.
On se souvient de l’affaire du Ponant, où l’on a vu les hommes du GIGN effectuer la transaction avec les pirates et leur remettre la rançon exigée. Même si, comme l’a affirmé le général Jean-Louis Georgelin, il ne s’agissait pas d’argent public, mais de fonds remis par la compagnie d’assurances.
Et lors de la prise d’otages à bord du voilier Tanit, on entend encore Hervé Morin, le ministre des Armées, informer les ravisseurs que la France était prête à payer. Il a ensuite justifié ses propos par la présence parmi les otages d’un enfant de trois ans.
Pour aller plus loin, et même si les choses sont différentes, la libération de Clotilde Reiss pose également question. Bien sûr, tout le monde se réjouit de sa libération, mais s’agit-il d’une victoire ? Autrement dit, dans cette « transaction », notre pays a-t-il montré sa force ou sa faiblesse ? Car de fait, même si on parle de « caution », la France a bel et bien payé une rançon. Combien ? On ne sait pas. Bernard Kouchner nous dit qu’il ne s’agit pas d’une grosse somme. D’autres parlent de 300.000 dollars. En tout cas, on est loin des précédentes déclarations du ministre des Affaires étrangères, lorsqu’il « exigeait » la libération immédiate de la jeune femme. Il est vrai qu’il a dû se faire tancer pour de tels propos…
La France est donc entrée dans l’ère de la négociation. On ne tape plus du poing sur la table, on paie.
Entendons-nous bien, je ne suis pas dans la critique mais dans le questionnement. Devant la détresse qui résulte d’une prise d’otages, que ce soit le fait de truands, de pirates ou d’un État, la réaction première, la réaction normale, est de se dire que l’argent n’a aucune importance. Le principal, n’est-il pas de sauver la ou les victimes !
Pourtant, il y a une trentaine d’années, alors que les enlèvements avec demande de rançon se multipliaient en France, les autorités ont pris une décision publique : on ne paie plus. Et nous, les policiers sur le terrain, on a dû faire avec. Pas facile à expliquer aux parents d’un otage ! En se coupant ainsi de la famille, cela nous donnait double travail, mais peu à peu les enlèvements ont pratiquement cessé*.
Aujourd’hui, ce revirement de la part des plus hautes autorités de notre pays va-t-il entraîner une résurgence de ce type de délinquance ?… Mais au fait, existe-t-il une politique claire dans ce domaine ?
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* Sur ce blog « Les enlèvements avec demande de rançon ».
nombre d’heures réellement travaillées par les policiers en tenue. Un sujet chaud. Il faut dire qu’entre les jours fériés et les week-ends travaillés, les heures de nuit, les rappels, les contraintes, les compensateurs, les congés, les absences maladies, etc., personne n’y comprenait rien.