La France est-elle ruinée ? C’est la question qu’on peut se poser devant les réflexions de Nicolas Sarkozy sur l’utilisation des forces de police et de gendarmerie. « Trois policiers par voiture, ce n’est pas normal », a-t-il
affirmé. « Je ne veux plus de CRS et de gendarmes mobiles à attendre des heures dans les cars sans rien faire », a-t-il renchéri devant les parlementaires de la majorité. Et l’« on ne me fera pas le coup des effectifs ». Pour que le Président, chantre de la sécurité, envisage des économies dans ce domaine, je me suis dit qu’il devait y avoir anguille sous roche. D’autant que pour l’instant, la règle des 2 pour 1 n’est guère respectée dans la police. Alors, les choses vont-elles aussi mal ? Est-il fini l’heureux temps de la partie de poker dans le car de CRS ou du « tour d’arrière » dans la voiture de patrouille, à l’heure de la sieste ?
En feuilletant la presse, et surtout la presse économique, à la recherche d’informations, je me suis retrouvé face à une évidence : La réponse est oui. Il semble bien, comme disait Marguerite, la mamie qui s’est penchée sur ma jeunesse turbulente, qu’on ait mangé notre pain blanc en premier.
La France serait le 19° pays du monde le plus endetté. Toutes les minutes, c’est 120.000 € de plus. Bien loin le temps (de la campagne électorale) où l’ambition était de revenir aux normes européennes : 3 % du PIB, et pas un kopeck de plus. En fait, sans le savoir, on est cousu de dettes : près de 22.000 € par tête de pipe. Ce bébé qui pousse son premier cri a bien raison de rouspéter, car il est né avec une ardoise. À peine en est-il sorti qu’il est déjà dans les choux… La sécurité sociale, dont on nous rabâche qu’elle est la meilleure du monde, est à deux doigts du dépôt de bilan. Pour faire face, elle a besoin d’un découvert de 60 milliards d’euros. Un chiffre sans précédent. Sollicitée, la Caisse des dépôts déclare forfait. Elle ne peut couvrir que pour la moitié. Notre Sécu va donc émettre des obligations à court terme, ce qu’on appelle des billets de trésorerie. Sauf qu’il y en a déjà pour une bagatelle de 42 milliards et des poussières qui se baladent dans la nature, et que cette nouvelle arrivée de papiers sur le marché risque de faire effondrer les cours.
Citée dans Les Échos, la députée UMP Marie-Anne Montchamp nous dit : « Dans tous les cas, on fait de la cavalerie. On couvre des besoins de financements structurels, de long terme, avec de la trésorerie de court terme. Ce n’est pas vertueux, c’est surtout risqué. »
Simone Wapler, la rédactrice en chef de MoneyWeek, prend moins de précautions oratoires : « La « madoffisation » étatique, l’arnaque finale de la Grande Apocalypse Financière (GAF) est en cours », nous assène-t-elle comme un coup de grâce.
Et de nous dérouler le mode d’emploi, que je me permets de résumer avec mes mots de néophyte :
1 – On met d’abord en place des plans de relance et de renflouement qui sont financés par l’émission d’obligations.
2 – Le chômage continue sa progression, ce qui est le constat irréfutable d’un échec de ces mesures. Aujourd’hui, on en est là.
3 – C’est le début du processus de l’affaiblissement de la monnaie.
4 – Pour compenser l’alourdissement de la dette, on l’augmente. C’est la fuite en avant. Du coup la monnaie s’affaiblit encore plus et par ricochet les taux d’intérêt grimpent.
5 – Ce qui entraîne un effondrement du cours des obligations plus anciennes (à un taux plus bas) : les bas de laine fondent, les retraités diminuent leurs rations alimentaires et ceux qui ont quatre sous les glissent sous le matelas. La consommation s’effondre.
6 – Pour éviter le krach, les banques centrales se voient contraintes de racheter les vieilles obligations, celles dont plus personne ne veut. La planche à billets tourne…
Et c’est la phase finale. Le financement de la dette par la dette. Le cercle « dé-vertueux » est bouclé. La monnaie s’effondre et l’or atteint des pinacles.
Qu’on se rassure, tout cela n’arrivera pas. D’ailleurs le G20 y a mis bon ordre. Car ses participants, surtout du côté européen, ont tout de suite compris d’où venait le problème : le bonus des traders. On allait donc légiférer là-dessus, et tout reviendrait comme avant… Sauf que même pour ça, à la finale, on est resté sur notre faim. Des déclarations de bonnes intentions, et pis voilà !
Pas tout à fait, car la semaine passée, on a peut-être planté le décor d’une pièce qui se jouait en deux actes :
Acte I – Le Conseil de sécurité, où Obama nous convainc de la nécessité d’un monde sans armement nucléaire et tend la main à l’Iran, tandis que le méchant trublion français lui donne la réplique et passe pour le va-t-en-guerre de service. Vous savez, la scène classique du bon flic et du méchant.
Acte II – À Pittsburg, un triumvirat du « club nucléaire » se livre à un pathos d’où il résulte que l’ennemi atomique désigné est l’Iran.
Il est certain qu’on ne fera jamais une guerre pour défendre l’économie mondiale, cela ne serait… guère populaire. Mais faire une guerre en prévention d’une guerre encore plus grave, même si elle n’est qu’hypothétique, c’est un peu se positionner en défenseur de la paix… L’avantage, on l’a bien compris, c’est qu’un conflit armé justifie toutes les privations, les lois martiales, et autres petits plaisirs que nos parents ont connu.![]()
Mais je m’égare, et pour en revenir aux choses sérieuses, assavoir : les policiers doivent-ils être trois dans les voitures de patrouille, ou bien seuls, comme aux États-Unis ? J’ai posé la question à un expert, du genre de ceux qu’on voit à la télé et qui savent tout sur tout (aïe!). En résumé, il m’a dit : « Entre 3 et 1, y’a forcément une marge de négociation ».
Comme 2 et 2 font 4, quoi !
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Le compteur de dette provient du site Générateur-Langue de bois.
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1995. Et l’on n’y aurait vu que du feu, si un juriste, nous dit Le Monde, n’avait déterré l’affaire. De quoi s’agit-il ?
souhaite que les habitants du département aident la police nationale en transmettant témoignages, photos, vidéos, par courrier électronique. Alors, que faut-il en penser ?
(L’enquête interdite2, chez Bourin Editeur). Écarté du dossier, poussé à la démission, le commissaire Gonçalo Amaral (même s’il a dérogé à son devoir de réserve) n’a pourtant fait que reprendre point par point les différentes étapes des recherches. Mais il a surtout mis en exergue certaines insuffisances dues en grande partie à la faiblesse des autorités portugaises face à la pression du gouvernement de sa Majesté britannique.
la mémoire humaine, mais numérisés pour toujours dans des mémoires informatiques, avec tous les éléments de l’enquête.
En tout cas, à mon avis, il y a une leçon à méditer : l’important n’est pas ce qu’on nous cache mais ce qui se cache derrière ce qu’on nous dit.