LE BLOG DE GEORGES MORÉAS

Auteur/autrice : G.Moréas (Page 81 of 82)

Un Noël de flic

Dans la police, week-ends et fêtes sont fréquemment des jours où l’on turbine. Mais comme me disait un vieux patron de l’ancienne école, « T’as pas à te plaindre, y a tellement de gens qui font un boulot assommant, que tu devrais payer pour faire ce métier-là… » Il exagérait, le vieux, mais en tout cas ça permet de couper au sempiternel repas de famille, et c’est souvent l’instant des plus belles affaires. La preuve :magicien_2.jpg

Il est 6 heures du mat’, on n’a pas vu le père Noël, mais sûr qu’il doit avoir terminé ses visites. Faut dire qu’on surveille pas trop les cheminées. Ça va faire deux heures qu’on est là, les yeux fixés sur la porte en verre de cet immeuble cossu de l’avenue Mozart, à Paris.

C’est Roger qui a insisté. Celui-là, après 30 ans de police, il n’a rien perdu de son mordant… Il s’est pointé dans mon bureau, vers 17 heures. Je m’apprêtais à ranger mes crayons et je devais être le dernier commissaire encore présent à la brigade. Il tenait une feuille à la main. « C’est un zozor sur la meuf de Vincent », a-t-il marmonné, le regard fuyant. Je jette un œil. C’est sibyllin, comme le sont toujours les dialogues des truands. Le type qui a décrypté la conversation téléphonique a traduit les silences par des rangées de points. On dirait du Loti, le style en moins. « Il va venir voir sa femme et sa fille », ajoute le vieux poulaga.

Vincent D., c’est un type qu’on a phagocyté sur une demi-douzaine de braquages, et chez qui on a décelé une petite préférence pour les armes lourdes et les fourgons blindés. Il y a environ deux mois, on l’a loupé, sur un flag. Il nous a filé entre les mains. Pfutt ! On n’a rien compris. Depuis, on l’a surnommé le magicien.

« Ecoute, Roger, pas ce soir !… D’abord y a plus personne ici. Tout le monde est rentré chez soi… » Il me rétorque qu’Albert est o.k. et qu’on peut très bien le faire à trois. Qu’est-ce qu’on peut répondre à ça ? Comme j’ouvre mon tiroir pour récupérer ma panoplie du parfait arquebusier, il ajoute qu’il est préférable d’attendre le petit matin. « À cause que… ? je lui demande. – Ben, tu sais, il est pas prêt de passer un nouveau Noël en famille, alors… » Je lui rappelle qu’on n’est pas chez les boy-scouts et que c’est moi le patron et que par conséquent qu’on fait comme je dis. Frustré, mais obéissant, il acquiesce. « Bon ! On va lui laisser passer Noël en famille », décidai-je. Non, mais ! Faut savoir s’affirmer dans ce job.

Et on est là, à l’heure où les garnements se lèvent en douce pour aller fouiner sous le sapin, à faire les zouaves par une température de  -5, dans une rue déserte, pour poisser un zigoto dont tout le monde se fiche éperdument. La radio crachote. J’aperçois Albert qui se ratatine dans le renfoncement de la porte cochère où il a trouvé refuge. Il a lâché son clope et machinalement je fixe le point rouge qui tournoie jusqu’au sol. « Je crois que c’est lui », murmure-t-il. Ça ne peut être que lui. Qui serait assez folingue pour sortir de son immeuble sans allumer la lumière…

Il pointe son nez, le Vincent, comme un lapin à la sortie du terrier. Il regarde à gauche et à droite, mais il doit se dire que les flics sont des petits fonctionnaires frileux et de bons pères de famille, et qu’ils n’ont aucune raison de faire du zèle un soir de Noël. Une sorte de trêve des confiseurs. Rassuré, il traverse la rue en direction d’une voiture qui ressemble à une épave. Ce lascar, c’est un bon. Pas du genre à se faire repérer au volant d’une caisse de grand luxe ! Il ouvre la portière et lève la tête vers une fenêtre, trois étages plus haut. Une silhouette se détache, à contre-jour. Il fait un signe de la main. menottes.jpg

Les autres ont dû croire que c’était le signal, ils n’ont même pas attendu mon ordre. Ils foncent ! Je fonce à mon tour. On lui tombe dessus. « Joyeux Noël ! » ânonne Roger en faisant claquer les menottes.

Le début de 48 heures de garde à vue : perquisitions, auditions, saisies… Les fêtes s’annoncent bien. P… de métier ! 

Dossier c/: Agnelet, suite (et fin ?)

joyeux-noel.jpgAvant l’an 2000, la décision d’une cour d’assises était définitive. Le législateur a alors décidé d’ouvrir une procédure d’appel, remettant ainsi en cause l’esprit « révolutionnaire » de cette institution, créée pour que le peuple rende justice et tire un trait sur les affaires criminelles les plus graves.

 

 

Même si Badinter a réussi à faire de la guillotine une pièce de musée, en l’an 2000, l’air de rien, le peuple souverain est ainsi passé à la « lucarne » !

 

On peut comprendre que dans leur grande sagesse, les élus se soient penchés sur le sort des faux coupables ; des innocents expédiés derrière les barreaux par un jury composé de braves gens, tirés au sort, sortis du chapeau en quelque sorte, pour endosser une responsabilité à laquelle ils ne sont pas spécialement préparés. Il était même noble de vouloir éviter à un innocent les affres de la prison. Dans sa tombe, Seznec avait dû approuver. On offrait ainsi aux condamnés aux peines les plus lourdes l’opportunité d’une deuxième chance. La justice se grandit toujours à reconnaître qu’elle peut se tromper.

Mais, dans le même temps, le contraire était-il normal ?

L’article 380-2 du code de procédure pénale précise en effet, in fine, comme si cette dernière ligne avait été rajoutée en catimini : « Le procureur général peut également faire appel des arrêts d’acquittement. »

On a donc renversé la vapeur. Cette loi n’était pas faite pour éviter à des innocents de se retrouver dans un cul-de-basse-fosse, mais pour être certain qu’aucun coupable ne franchirait les mailles du filet…

Le législateur est passé à côté d’une idée généreuse pour enfanter un texte pétochard.

 

Le procureur général dispose donc d’un délai de 10 jours pour faire appel de la décision de la cour d’assises des Alpes-Maritimes qui a déclaré Maurice Agnelet innocent.

Peut-on imaginer un moment, qu’après avoir été relaxé une première fois, puis de nouveau poursuivi en raison des déclarations de son épouse et de la pugnacité d’un juge, puis fustigé par un avocat général qui a réclamé (au nom de la société) une peine de 20 ans de réclusion criminelle, pour enfin être acquitté par un jury populaire ; peut-on imaginer que le procureur général, qui en l’occurrence agirait sur instructions du garde des sceaux ; peut-on imaginer que ce haut magistrat balaie tout cela d’un effet de manche et fasse appel de cette décision de justice !

Le jury de la cour d’assises s’est prononcé. Il a pris deux décisions phares :balance.gif

  • Agnès Leroux a été assassinée.

  • L’accusé est innocent de ce crime.

Dans cette affaire extravagante dont sans doute on ne pénétrera jamais les arcanes, il existe encore une interrogation et une seule :

 

Maurice Agnelet va-t-il faire appel de son acquittement ?

 

Le 4×4 d'Agnès Leroux

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L’un des points troublants dans cette affaire Agnelet, c’est la disparition du 4×4 d’Agnès Leroux.

 

Au moment de la disparition d’Agnès Leroux, le Range Rover était un engin tout-terrain de conception relativement  récente, quelques années tout au plus (1971?), et cela restait une voiture d’exception. On n’en voyait peu (nous n’étions pas encore à l’ère des 4×4 de ville) et son prix était inabordable pour le commun des mortels. Pour parler cru, c’était la bagnole des gens friqués qui voulaient paraître…

En tout cas, une voiture qui ne passait pas inaperçue. Alors, comment a-t-elle pu se volatiliser ?

Envisageons les différentes hypothèses :

  • Le Range a été précipité dans un ravin – L’idée première des enquêteurs. L’arrière-pays niçois se prête bien à ce genre d’exploit. Inutile de dire que des fouilles systématiques ont été menées : patrouilles, hélicoptères… Mais, on peut passer à côté, puis, au fil des saisons, le véhicule se recouvre de végétations et devient invisible. Sauf que la France n’est pas la forêt amazonienne et, avec le temps, quelqu’un aurait fatalement retrouvé l’épave.
  • Le véhicule a été incendié – Idée qui va de paire avec la première. Les recherches ont été menées en ce sens et toutes les carcasses abandonnées, calcinées ou non, ont été examinées.
  • Alors, cette voiture est peut-être engloutie sous les eaux d’un fleuve, d’un lac, de la mer… – Cela ne semble pas sérieux. Et comme précédemment, on l’aurait retrouvée, à la première sécheresse ou à la première crue.
  • Le 4×4 a été maquillé et revendu sur le marché de l’occasion – Possible pour une Renault 12 ou une Simca 1100, automobiles alors très répandues, mais pour un véhicule de luxe, particulièrement voyant, utilisé à quelques milliers d’exemplaires, les enquêteurs auraient fatalement retrouvé sa trace en épluchant le fichier des cartes grises.
  • Le Range Rover a été conduit hors de France – Cette voiture a été sans doute l’une des plus recherchée dans les annales de la police judiciaire : diffusions nationales, recherches dans les pays limitrophes, notamment l’Italie et la Suisse, diffusions internationales de recherches, via l’OIPC (Interpol). Il est vrai qu’avec certaines régions de l’Europe de l’est, la collaboration n’était pas évidente. Il existait (existe?) aussi des réseaux de dealers de voitures volées, notamment vers l’Afrique, mais le passage sur un bateau aurait laissé des traces, dans le souvenir des marins ou sur les registres de la douane.
  • La voiture a été détruite par un professionnel – Autrement dit elle serait passée entre les mains d’un casseur et en serait ressortie compactée et apte au recyclage. C’est envisageable. Mais on a du mal à imaginer qu’un ou plusieurs individus aient pu camoufler un acte somme tout bénin devant l’ampleur médiatique prise par la disparition d’Agnès Leroux.

Toutes ces suppositions se rapportant au Range Rover ne tiennent pas la route, si j’ose dire. On doit donc envisager que le tout-terrain ait disparu avant le début de l’enquête officielle. Rappelons-nous que les investigations n’ont réellement démarré qu’en février 1978, car au début, personne n’a vraiment pris au sérieux les inquiétudes de madame Leroux mère. Les recherches auraient donc dû se polariser très vite sur les jours qui ont suivi la date probable de la disparition de sa fille. Facile à dire – après.

Alors ?… Alors, rien ! On a fait le point, surtout pour Véronique, une amie lectrice, qui m’a gentiment demandé ce que j’en pensais. Agnelet a-t-il pu, à lui seul, organiser le meurtre de sa maîtresse et faire disparaître sa voiture avec tant d’ingéniosité qu’aujourd’hui encore on se perd en conjectures ? Mais au fait ! Pourquoi aurait-il fait disparaître le 4×4 alors qu’on le soupçonne d’avoir maquillé son crime en suicide ?

Le flegme de cet homme devant ses juges cache-t-il une véritable intelligence criminelle ou, enchaîné à son statut de star, veut-il paraître ce qu’il n’est pas ? Ou bien cherche-t-il à cacher ce qu’il est vraiment : un minable tourbillonnant à l’épicentre d’une aventure qui le submerge. Ce peut-il qu’il endosse à son compte des événements qu’il n’a jamais maîtrisés ? Un peu comme Spaggiari dans le casse de la Société Générale de Nice.

Sauf coup de théâtre lors de ces prochains jours d’audience, et quelle que soit la décision de la Cour d’assises, dans cette affaire, la Justice sera perdante. Si Agnelet est condamné, on criera à l’erreur judiciaire, s’il est acquitté, on hurlera au déni de justice. La pire des choses serait sans doute une condamnation de principe, du genre : on pense que vous êtes coupable mais on n’en est pas tout à fait sûrs, alors on vous condamne un peu…les-dossiers-agnelet.jpg

Condamné ou innocenté, Agnelet sera quitte. En France, on ne peut pas être jugé deux fois devant une cour d’Assises pour des faits identiques (la fois précédente, il a été relaxé, faute de preuves). Alors, attend-il ce moment ultime pour déclamer sa vérité dans un livre forcément best-seller ?  comme un pied de nez à la société.

Le personnage en semble capable.

 

La patate chaude

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Quel comportement faut-il adopter lorsqu’on se trouve face à une personne en état évident d’ébriété ? La réponse est simple : appeler la police. C’est le seul moyen de dégager sa responsabilité, motivation dominante à notre époque frileuse.

Mais la police, que doit-elle faire ? Tiraillés entre théorie et pratique, ils sont bien embêtés, nos petits poulets.

Le policier qui se trouve devant un individu en état d’ébriété sur la voie publique a le devoir de le protéger et de protéger autrui d’agissements irraisonnés qui pourraient découler de son état. C’est un acte de police administrative. Si cet individu est l’auteur d’une infraction pénale (conduite d’un véhicule, rixe, dégradations…), la procédure judiciaire est suspendue jusqu’au moment où le suspect aura retrouvé sa lucidité. Le soûlard doit donc être conduit en cellule de dégrisement, après avoir été examiné par un médecin qui confirme son état alcoolique. Il ne s’agit pas d’une garde à vue. On l’enferme dans une geôle, en principe spécialement réservée à cet effet, après lui avoir retiré tous les objets ou vêtements avec lesquels il risquerait de se blesser.

Ça, c’est la théorie.

La nuit, surtout les week-ends, les policiers de terrain sont très fréquemment confrontés à ce type de situation. C’est galère. Le plus souvent, ils se trouvent face à un individu violent, qu’il faut maîtriser par la force, voire menotter, et transporter du mieux possible jusqu’aux urgences de l’hôpital le plus proche. Là, ils sont souvent rabroués par des médecins débordés et qui ont bien d’autres chats à fouetter que de s’occuper d’un fêtard. Enfin, sous un flot d’injures et d’obscénités, il s’agit de conduire l’ivrogne au commissariat. Le parcours du combattant n’est pas terminé. Sur place, il va falloir le convaincre de se délester de ses affaires personnelles, ses lacets, ses bijoux, etc. Le plus dur, en général, c’est la ceinture. Au mieux, deux heures plus tard, le type s’endort. Au pire, il beugle toute la nuit. Une fois cette noble opération terminée, il reviendra au plus jeune de nettoyer les séquelles. « Quand on n’a pas le temps ou que les geôles sont pleines, il peut nous arriver de simplement emmener plus loin la personne qui pose problème, dit un policier de Nantes, voire même de tourner la tête quand on croise un ivrogne… C’est sûr, pour nous, vaut mieux faire de la boulette de shit… »

Ça, c’est la pratique, loin des chaises rembourrées et des portes capitonnées.

Quand j’étais gosse, la fenêtre de ma chambre, au-dessus du petit café que tenaient mes parents, donnait sur un poste de police de la rue de la mon-pere.jpgGaîté, à Paris, près de Montparnasse. La nuit, j’étais souvent réveillé par un ivrogne, enfermé dans « la cage », qui braillait des chansons graveleuses, jusqu’au moment où un flic, exaspéré, lui balançait un seau d’eau pour le faire taire. Alors, les policiers ne s’embarrassaient pas de procédures. Au petit matin, ils poussaient la porte du bistrot et offraient au bambocheur dessaoulé un grand café bien chaud, que mon père tirait au percolateur. La plupart du temps, ils se séparaient copains comme cochons (comme dirait Clément Schouler).

Les temps ont changé, le poste de police de la rue de la Gaîté est devenu un théâtre (ça ne s’invente pas), et l’ivrogne une patate chaude que chacun essaie de se refiler : policiers, pompiers, médecins et même les bénévoles ou les travailleurs sociaux.

Mais au final, après avoir tirebouchonné (sic) un moment, la patate échoue toujours dans les mêmes mains, car tout le monde peut appeler la police – sauf la police.

Seznec au secours d'Agnelet

trucs-en-vrac-par-gotlieb.jpgMaurice Agnelet fait l’unanimité contre lui. Il agace tout le monde, à croire qu’il prend plaisir à fédérer la haine. En un mot, c’est une tête à claques.

 

 

 

Par les hasards du calendrier judiciaire, à quelques jours d’intervalle, deux décisions de justice importantes sont attendues : la réhabilitation de Guillaume Seznec (rejetée ce jour par la cour de Révision), et le verdict de la cour d’Assises sur la culpabilité ou l’innocence de Maurice Agnelet.

(La cour de Révision se réunit très exceptionnellement. Pour mémoire, elle ne se prononce pas sur le fond, mais doit seulement répondre à la question suivante : Existe-t-il des éléments nouveaux, inconnus le jour du procès, susceptibles de modifier le jugement ?)

On parle beaucoup de ces deux affaires, mais l’une se conjugue au passé, j’allais dire à l’ « imparfait ». Elle fait partie de l’Histoire des grandes enquêtes criminelles ; l’autre se conjugue au présent. Mais il existe deux points communs : pas de victime, pas de preuve.

Alors, question : plus de 80 ans après la condamnation de Seznec pour un crime qu’il n’a peut-être pas commis, doit-on condamner un homme pour un crime qu’il a peut-être commis ?

Maurice Agnelet est coupable aux yeux de tous, la presse, l’opinion publique, les enquêteurs qui ont mené les investigations, les magistrats qui ont été en charge de l’instruction, peut-être même le président de la cour d’Assises, ses assesseurs et les jurés…

Oui mais, rappelons-nous…

– Cet homme a été relaxé une première fois en 1986 pour les mêmes faits.

– Son immoralité et sa fourberie sont prouvées : il a été condamné pour avoir détourné l’argent de sa maîtresse – mais il a payé pour ce délit.

– On n’a jamais retrouvé le corps d’Agnès Leroux.

– Il est accusé devant la cour d’Assises pour la raison essentielle qu’un témoin déclare avoir menti pour lui fournir un alibi. Ce témoin, sa femme actuellement, sa maîtresse à l’époque, a donc menti une première fois (serment prêté) On ne peut s’empêcher de tiquer sur l’impartialité de son nouveau agnelet.jpgtémoignage, surtout dans le contexte semble-t-il difficile d’une procédure de divorce.guillaume-seznec.gif

Alors, on se pose des questions. Les cicatrices souvent anodines de notre enfance se mettent à nous grattouiller… On sait combien un châtiment injustifié est insupportable, et l’on se dit qu’il vaut peut-être mieux un coupable en liberté plutôt qu’un innocent en prison…

Ce type, Agnelet, est vraiment antipathique. On le sent intelligent, mais d’une intelligence maladive, négative, machiavélique – et c’est peut-être un assassin. Mais, doit-on le condamner sous prétexte qu’il a une tête à claques ?

Un petit cochon

couverture-vos-papiers.jpgNon, cette image n’est pas un graffiti dans le hall d’un lycée, un bombage sur un wagon du R.E.R., ni un tag sur le mur d’un poste de police, mais un livre écrit par un magistrat.

 

 

Un cochon ! c’est l’effigie de la police que nous transmet Clément Schouler. Allégorique, non ! La couverture de son livre Vos papiers ! Que faire face à la police ? publié par l’Esprit frappeur (sic) représente une tête de porc, j’allais dire de sale porc, au masque balourd, obtus et violent, affublé d’une moustache hitlérienne, qui hurle avec un rictus carnassier : « Vos papiers ! ».

Clément Schouler, vice-président du Syndicat de la Magistrature (SM, gauche), est l’auteur de ce chef-d’œuvre. Dans le texte (car il n’y a pas que des images), sous couvert de traduire les règles du droit aux « malcomprenants », il détaille de manière fielleuse les mille et une façon de se défendre face à la police. Après tout, pourquoi pas ? Tout le monde n’a pas fait la fac d’Assas. Le SM déclare que  » cet ouvrage n’est (donc) que l’expression du devoir d’information qui s’impose à tous les magistrats dont la mission constitutionnelle est la sauvegarde des libertés individuelles.  » Formidable ! D’accord pour que les magistrats s’investissent d’une mission constitutionnelle, puisqu’il s’agit de défendre nos libertés. Mais pourquoi un fonctionnaire d’État représente-t-il d’autres fonctionnaires d’État de façon aussi luciférienne. Pourquoi tant de méchanceté ? Pourquoi cette image truffée de symboles négatifs ? Pourquoi cet acharnement à dresser systématiquement les gens contre la police ? Psychologie de bazar, ou préméditation ? Ce monsieur étant forcément intelligent, je penche pour la deuxième hypothèse. Et ce n’est pas à un magistrat que je vais apprendre que la préméditation est une circonstance aggravante.

Qu’il s’agisse de conditionner une partie de la population, essentiellement la jeunesse, contre l’autorité de l’État ou de vile politique, le procédé est chafouin, Monsieur Schouler, lorsqu’on a l’honneur de porter l’épitoge herminée sur sa robe de magistrat.

 

Autour de nous, il y a toujours un voisin pour désigner du doigt un autre voisin. Car on cherche à nous dresser les uns contre les autres : les jeunes contre les vieux, les femmes contre les hommes, les émigrés, les riches, les pauvres, la fonction publique contre le privé, les retraités qui vivent trop vieux, ceux de la SNCF qui partent trop tôt, etc.

Le vieil adage : diviser pour régner. Le jour où la moitié du peuple sera persuadée que l’autre moitié du peuple est son ennemie, le pouvoir n’appartiendra plus au peuple.

Je sais, le mal est déjà fait, du moins en partie.

 

Poursuivi pour injures et diffamations envers la police, Schouler a été relaxé le 9 mai 2006 par la 17° chambre correctionnelle de Paris. Le procureur a fait appel. On attend la suite.

Personnellement, je préfère le Schouler qui nous apostrophe sur nos libertés perdues et réclame le retour des grands principes de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 (Le sexe et ses juges, Editions Syllepse)

Finalement, il y a peut-être un filon à exploiter ! Je pourrais m’y mettre, moi aussi ! et tirer de mes vingt ans de police un petit guide de conseils pratiques. J’ai un titre (pas très original) : Que faire face au juge d’instruction ? Je donnerais dans ce livre quelques ficelles : Comment repérer les petites erreurs techniques dans une procédure (c’est fréquent) souvent suffisantes pour invalider un acte, voire tout un dossier… Quel comportement adopter lors de l’interrogatoire de première cochon-de-dos.jpgcomparution… Que faire pour éviter la mise en examen, la détention provisoire…

 

Pour la petite histoire, Monsieur Schouler, en dehors de ses responsabilités syndicales, occupe les fonctions de substitut du procureur de la République de Versailles. À ce titre, il est donc chef de la police… Comme nous n’avons pas gardé les cochons ensemble, je n’ose pas dire… porcher en chef.

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Et taser ?…

les-2-sondes-du-taser.jpgLe Taser est un truc en plastique qui ressemble à un jouet, mais avec lequel il vaut mieux ne pas faire joujou.

 

 

 

Pour être plus technique, c’est une arme d’environ 200 grammes, cartouche comprise, et  longue de 15, 3 cm. Elle propulse deux sondes métalliques reliées par un fil très fin, qui traversent les vêtements et s’enfoncent de plusieurs centimètres sous la peau, au diapason du rayon rouge de son laser. Il ne reste plus qu’à mettre le courant ! Le tireur vous expédie 50.000 volts, sous un ampérage heureusement réduit, pendant 5 secondes. Ça doit paraître bigrement long !

La cible s’écroule telle une marionnette à laquelle on aurait coupé les fils et sa carcasse trépide comme un épileptique en convulsions. La douleur est paraît-il terrifiante. Pour se convaince, les âmes peu sensibles peuvent voir des vidéos (en anglais) sur le site de Taser international.

 

Le modèle dont est dotée la police française est le X 26. Il catapulte ses sondes (on parle de déploiement) à 7.60 mètres avec une cartouche XP et, depuis peu, à 10,60 mètres avec la cartouche  XP35.

Cette dernière munition, fierté de la société Taser, utilise « un système de propulsion azote et une sonde bimétallique afin d’augmenter l’impact sur la cible, en maximisant la compression des vêtements ». C’est du moins ainsi que l’entreprise présente cette nouveauté.

En contradiction avec cet argument de vente, elle reconnaît par ailleurs, que, d’après sa base de données, 96 % des tirs se font entre 0 et 4.50 mètres.

À bout touchant ! Alors que cette arme non létale (non létale veut dire non mortelle et pas – non dangereuse), est destinée à neutraliser un individu, tout en restant à distance, pour minimiser les risques…

Le syndicat des commissaires et des hauts fonctionnaires de police (SCHFPN, majoritaire), dans un communiqué du 13 juin 2005, souhaite la généralisation du taser, au motif que les essais effectués dans certaines unités spécialisées montrent que le nombre de blessures aux policiers a diminué de 82%.

Analyse patente, mais unilatérale, qu’on peut regarder comme un syllogisme. Pour singer Socrate : C’est bien pour les flics, les flics sont des hommes, donc c’est bien pour tout le monde.

Un exemple d’abus, messieurs les commissaires : « … les policiers se sont également servi du taser pour arrêter “ ni vus ni connus ”, au milieu de la foule, un manifestant qui s’apprêtait à prendre la parole lors du meeting  politique de Nicolas Sarkozy et Bernadette Chirac à Saint-Malo le 26 mars dernier (2005 ?). Electrisé dans le dos, l’homme s’est aussitôt effondré avant d’être embarqué incognito par les forces de l’ordre. » (Extrait du blog Le Monde de Bruno Fay.)

 

Quand je pense que les policiers suisses pour régler une telle situation auraient sans doute utilisé…  le spray au poivre !

 

À la suite d’une pétition organisée par le Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’homme (RAIDH), qui a obtenue plus de 3.000 signatures, plusieurs députés MM. Liberti, Lignieres-Cassou, Masse et le sénateur Méhas, ont posé une question écrite au ministre de l’Intérieur.

Monsieur Sarkozy a répondu le 5 décembre 2006. Je résume : Pour l’année 2006, il est prévu l’achat de 2.000 tasers, moitié pour la police, moitié pour la gendarmerie. Seuls seront équipés les services spécialisés dans l’intervention. D’autre part, ses armes sont dotées d’une puce à mémoire afin d’enregistrer les paramètres de chaque tir (date, heure, durée de l’impulsion électrique), et, à terme, un dispositif audio et vidéo sera installé. Il se déclenchera à chaque utilisation. Et (enfin une bonne nouvelle), le ministre rappelle que cette arme, qui était en vente libre (simple déclaration), a été classée en 4° catégorie par arrêté du 22/8/06 (acquisition et détention soumises à autorisation).

 

De son côté, Amnesty International se bat de longue date pour faire interdire ce pistolet aux Etats-Unis, évaluant les morts à plus de 150 « tasés ».

 

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Alors, que penser de cette arme ? Ses partisans vantent son efficacité, ses adversaires sa dangerosité. Et, il faut bien le dire, les deux parties ont raison. C’est l’histoire du bâton, si vous êtes du bon côté, c’est formidable, sinon…C’est un dialogue de sourd.

La réalité est autre. Cette pétoire à shoots électriques fait peur, non seulement aux malfaiteurs, ce qui est plutôt positif, mais à tout le monde.

Elle est angoissante. Bien sûr, elle est moins dangereuse qu’un Sig Sauer.9mm Parabellum, mais du même coup son utilisation risque de devenir trop fréquente. C’est la porte ouverte à tous les excès.

Le syndicat des commissaires et les ronds-de-cuir de l’Intérieur devraient cesser d’aligner des statistiques et ramener la controverse à une dimension humaine. En l’harnachant comme un guerrier de l’an 3.000, on a déjà travesti le policier en une sorte de Dark Vador, si on lui ajoute un accessoire qui évoque la grande chauffeuse ou la gégène franco-algérienne, on ne fait qu’amplifier son impopularité. Et l’on créé la peur – même chez les honnêtes gens. Or, nous ne devons pas avoir peur de notre police. Nous devons la respecter, elle doit nous protéger. C’est comme ça que cela doit fonctionner.

 

Un état qui ferait régner l’ordre par la terreur ne s’appellerait plus une démocratie.

Il paraît que le ministre de la Santé, pour venir en aide aux insuffisants cardiaques, cherche une enveloppe budgétaire afin d’installer des défibrillateurs dans les lieux publics… Puis-je lui suggérer de se rapprocher de son collègue de l’Intérieur ! 2.000 tasers recyclés pour sauver des vies humaines, voilà qui reloquerait notre candidat président et nous donnerait un petit coup de chaud au cœur !

Leçon pour un fric-frac

dessin-tiré-de-super-picsou.jpgM6, la petite chaîne qui monte, a fini par dépasser sa grande soeur sur le plan de la tartuferie.

 

Ce mardi 5 novembre 2006, deux ex-voleurs nous montrent comment on peut perpétrer un cambriolage en toute tranquillité.

L’un, Francis Jacottin, se recommande du gang des postiches (?), cette équipe de braqueurs des années 80  qui se grimaient pour braquer les banques et fracturer les coffres individuels des clients.

L’autre, répond au pseudonyme de Zem. Il avoue un passé chargé, qui serait la conséquence d’un nom difficile à porter. Ce surnom est en effet le début du patronyme d’une famille célèbre pour avoir racketté le quartier du sentier avant de plonger dans le grand banditisme, et de mourir (presque tous) de mort violente.

L’un s’est recyclé dans l’édition, l’autre dans la musique.

Personnellement, je trouve formidable qu’ils se soient réinsérés. Et encore plus que ces deux Pieds Nickelés aient réussi à « braquer » M6 sans sortir les calibres. C’est « roudoudou », comme dirait Jacottin.

 

Ils sont beaux, propres sur eux, ils ont un C.V. qui parle… De quoi faire fantasmer un ado en quête de repères, non ! Comment des gens qui ont la lourde responsabilité d’informer le public peuvent-ils nous enseigner la meilleure méthode pour réaliser un « casse » sans se faire prendre ! Et dissimuler ce prosélytisme derrière une façade sécuritaire… C’est vraiment nous prendre pour des andouilles.

Le syndicat général de la police (SGP-FO) veut saisir le Conseil supérieur de l’audiovisuelle pour « apologie du crime ».

C’est bien le moins. Plusieurs autres syndicats de police lui ont d’ailleurs emboîté le pas.

Ces policiers ont d’instinct compris le danger pour certains jeunes, déjà fragilisés par une société trop étroite pour eux.

 

Finalement, le ministre de l’Intérieur ne va pas être content, on a l’impression que seuls les flics font de la prévention.

Et zut à Montesquieu !

bicentenaire-de-la-revolution-reprodution-par-loup.jpgLe juge Jean-Louis Bruguière serait candidat aux prochaines élections législatives, voire à un poste de ministre !

Il ne serait pas le premier. Il emboîterait le pas à ses collègues Debré, Marsaud, Jean-Pierre, Fenech, Halphen…

Cette passerelle entre le pouvoir judiciaire et l’exécutif est quand même surprenante ! Rappelons qu’il existe en France un principe constitutionnel qui reprend l’Esprit des Lois de Montesquieu et qui nous dit, pour faire simple, que ceux qui font les lois et ceux qui sont chargés de les appliquer, doivent chacun rester dans leur camp. Ça s’appelle la séparation des pouvoirs. Locution reprise comme un dogme par les syndicats de magistrats lorsque Sarkozy fait mine de l’oublier dans la guéguerre un rien vaudevillesque qui l’oppose à Jean-Pierre Rosenczveig, le président du tribunal pour enfants de Bobigny.

Pour mémoire, lors de l’évocation par les députés de l’affaire d’Outreau, l’union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) avait dénoncé « une atteinte sans précédent à la séparation des pouvoirs et à l’indépendance des juges ».

Le Conseil Supérieur de la Magistrature avait enfoncé le clou en s’adressant au Président de la République pour lui rappeler, respectueusement on l’espère, mais « fermement », le principe de la séparation des pouvoirs

 

hurle-a-la-lune.jpgMais qu’en est-il de l’Esprit des Lois quand un magistrat devient député ? Il est vrai que le philosophe du XVIII° siècle ne parle pas de « séparation des pouvoirs » mais de « distribution des pouvoirs ». Et des pouvoirs au… pouvoir, il n’y a qu’un pas. Le juge Bruguière veut devenir député, certains flics ne s’en plaindront pas, mais le silence qui entoure cette appétence est assourdissant, sans doute pour ne pas déranger Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu – afin qu’il repose en paix.

Le Flash-Ball

la-gazette-du-29-novembre-2006.jpgLe Conseil Général du Val-d’Oise veut armer les polices municipales du département de Flash-Ball. De quoi s’agit-il ?

 

Située de par sa forme entre le pistolet et le fusil à canons sciés, cette arme, relativement peu encombrante, ressemble à un jouet ou à un fusil à eau. Mais son usage est moins ludique : elle est conçue pour tirer des balles en caoutchouc mou de 44 millimètres de diamètre et d’un poids de 28 grammes, et elle tonne comme une grande.

Le Flash-Ball est une arme de défense inventée par un expert en balistique auprès des tribunaux, Monsieur Pierre Richert, et mise au point par l’armurier français Verney-Carron. Sa portée « utile » en utilisation classique est de 12 mètres et son pouvoir d’arrêt identique à une balle de calibre 38. Spécial, mais à la différence d’une munition traditionnelle, cette boule de caoutchouc ne possède aucun pouvoir de pénétration. Elle s’écrase contre sa cible. Pour le malheureux récipiendaire, cela équivaut à encaisser le crochet d’un boxeur professionnel. À une distance comprise entre 7 et 10 mètres, c’est le KO assuré. Son usage est fortement déconseillé en-deçà de 7 mètres et l’on estime que l’impact peut causer de sérieuses blessures à une distance inférieure à 5 mètres.

Il existe deux modèles de Flash-Ball.flash-ball_super-pro.jpg

– Le « Super pro », fabriqué en alliage métallique. Très résistant, il peut tirer différentes sortes de munitions en fonction de la situation (balles en caoutchouc, chevrotines en caoutchouc, balle colorante et balle lacrymogène). Classé dans la catégorie des armes de défense (4° catégorie), il est réservé aux forces de l’ordre.

flash-ball_compact.jpg– Le « Compact » réalisé en matériau composite. Assimilé à une arme de foire, de salon…, il est classé en 7° catégorie. C’est le modèle de monsieur tout le monde : une simple déclaration et un chèque d’environ 400 €…

Je ne l’ai pas testé et j’ai cherché en vain une notice technique détaillée. Je suppose que ses caractéristiques sont inférieures au Super pro, les munitions sont d’ailleurs différentes, mais il y a sans doute un rien de tartuferie de la part du législateur à l’avoir considéré comme une arme de salon. En l’état, on peut admettre qu’il s’agit là d’une arme d’autodéfense dissuasive et relativement peu dangereuse, qu’il ne serait à notre époque pas « pathologique » de posséder à son domicile. Beaucoup moins redoutable que le fusil de chasse de mon pépé.

 

Amnesty International, prompt à réagir, et qui lutte pour interdire l’usage du Taser dans la police (on en reparlera), ne fait aucun commentaire sur ce pistolet. Certains services de pointe de la police française sont équipés du Super-pro depuis déjà plusieurs années et il y a peu d’accidents à déplorer, on peut assimiler son usage à celui du tonfa (bâton tactique qui lui est classé en 6° catégorie), mais avec un effet dissuasif plus important. Le dernier pépin remonte à quelques jours : un  jeune homme de 16 ans a été blessé à l’oeil, lors d’une échauffourée nocturne à Clichy-sous-Bois. Une enquête est en cours. La responsabilité du policier ne pourrait être envisagée que s’il était démontré un tir volontaire à une distance inférieure à 7 mètres. Au-delà, la précision de l’arme n’est pas suffisante. Le danger découle donc d’un impact au visage, et surtout sur la pomme d’Adam, ou dans le bas-ventre. Mais qu’en serait-il si pour se dégager les policiers avaient dû dégainer leur pistolet ? Une arme ne peut-être appréciée que des utilisateurs, c’est l’évidence, et pas des victimes. A défaut d’être la panacée, le Flash-Ball a au moins le mérite d’avoir été conçu pour minimiser les risques. Un moindre mal. Personnellement, lors des opérations à chaud, j’ai toujours demandé à mes hommes de préférer la matraque à l’arme de poing, partant du principe qu’il vaut mieux une grosse bosse qu’un trou dans la peau. On est ici entre les deux.

 

Rêvons d’un monde désarmé et d’une police archangélique, mais pour l’heure la violence est là et, dans certains quartiers, palpable dès qu’apparaît un képi. On peut toujours penser que le policier a choisi son métier, qu’il doit en assumer les risques, mais on ne peut lui reprocher de tout faire pour les diminuer.

Car pour un flic, le danger est double : être blessé ou blesser quelqu’un. Dans un cas, il risque de se retrouver à l’hôpital, ou parfois pire, et dans l’autre de se retrouver en prison.

 

En situation dangereuse, ces deux préceptes sont omniprésents –  et il faut faire avec.

 

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